SebSeb ce genre de frayeur ne va jamais jusqu’aux dons aux bonnes œuvres de l’œuvre, l’investissement d’une vie…
François, n’ayant plus le Soulution 511 pour comparer, je reste sur des sensations de mémoire, mais je maintiendrai à priori ce que j’ai dis plus haut, à savoir, je me cite moi même:
« Le MSB S202 semble leur redonner un petit coup de jeune, il est vif, rapide mais doux et sans projection, quelques qualités du tube sans tube, et avec 130db de rapport signal bruit… les ambiances sonores ressortent avec naturel, c’est plus direct que les Aelius, mieux maîtrisé, en restant doux et mélodieux, modulé. Moins de résolution que le Soulution 511, moins de nuance dans le grave mais une très bonne maitrise des 30 des Andra, c’est la philosophie de restitution qui diffère, le Soulution pousse maîtrise et résolution, variété par la délivrance d’une énergie instantanée parfaitement maîtrisée, ce qui sur des enceintes moins denses et riches que les Magico se traduit toujours par un rendu trop tendu, limitant le coté modulé de la musique au profit du coté parfaitement maîtrisé. Là on a une bonne vivacité et maîtrise mais avec un accent mis sur le développement du tout musical plutôt que la perfection de chaque impulsion, le respect temporel des harmoniques passe avant la résolution de chaque son, le résultat est un peu plus global donc, plus posé qu’un Soulution, plus précis qu’un Aelius, et fouillant très bien toute la continuité musicale des pistes, comme les réverbérations de voix dans l’air par exemple ».
Coté « viscéral » l’écoute du Soulution sur les Andra était pour moi propre, maitrisée, mais un peu froide, ennuyeuse, plus dans la frappe que dans la vie. Ça se joue à pas grand chose ces frontières entre amplifications qui marchent, mariages aux enceintes et limites d’acceptabilité personnelle sur ce qu’on attend. J’ai toujours eu cette sensation sur les Egglestonworks quand l’amplification n’était pas de nature à les faire sortir de leur coté neutre, dans le sens où on peut aller plus loin en analyse et variété avec des enceintes plus « riches, denses », Magico en est le bon exemple, qu’on aime ou pas ça va très loin dans une certaine opulence, saturation des couleurs, pouvoir d’analyse, les HP sont technologiquement très avancés, même les AHB2 ne suivaient pas sur leurs capacités, les Harbeth aussi dans leur genre en terme de densité se comportent un peu ainsi, avec des bons mariages avec Accuphase, Soulution. Sur les Andra je préférais la vie, chaleur des Pass et Luxman, qui doivent plus se situer dans le type de restitution de l’Audio Analyse j’imagine, classe A, un coté riche et chaleureux avec un certain classicisme de conception moins dans l’analyse et la propreté, plus dans le côté chantant, live, modulé.
Le Soulution c’est de la rapidité et analyse à l’état pur, pourtant sans sécheresse aucune, très varié, un ampli exceptionnel, mais il faut que la typologie des enceintes suive pour que ça module assez pour être emporté par la musique, dans bien des cas on pourra avoir la sensation que les enceintes sont menées à coup de trique et que ça ne module plus assez pour que le son soit musique. Si les enceintes sont un peu trop « banales » sur les timbres alors ce sera hyper tendu et banal, si les enceintes donnent un rendu maigre, l’ampli ne va pas fluidifier et donner vie au résultat final, simplement mettre en avant les limites ou typologie des enceintes sur ces aspects. Sur les Magico A5 à la maison c’était d’un niveau de fouillé de la musique en résolution, richesse, variété, pas entendu ailleurs que sur les S3 avec le même ampli, et pas entendu sur mes autres enceintes, c’est factuel. Mais en un sens ça allait presque trop loin pour mes capacités de lâcher prise, sans avoir autant de cohérence, liquidité , faculté d’intégration que des S3… à ce niveau tout est si pointu dans la mise en œuvre que ça en devient encore plus compliqué à obtenir le parfait équilibre, et si ça ne rentre pas bien dans la pièce en plus ce n’est plus jouable pour la vie de tous les jours.
Sur les Andra le MSB est maîtrisé mais plus vivant, modulé, assez liquide, global pour ne pas exacerber les limites d’analyse des enceintes, tout en rendant une musique plausible, naturelle. Rien ne dit que cette restitution sera de nature à révéler les Magico comme le Soulution d’ailleurs… le besoin pourrait être différent et le rendu plus « banal ».
Je reste convaincu qu’il n’y a jamais rien d’universel et que chaque ampli choisit la localisation de ses compromis selon un but audible recherché, but atteint au détriment d’autres et perceptible plus ou moins selon les enceintes associées. Et en liaison directe avec un dac MSB ces perceptions sont plus crues, directes, on entend la source et l’ampli sans arrangement, effet de zoom et signature sonore supplémentaire d’un préampli qui pour beaucoup sera l’instrument définissant le système, la présentation dans l’espace… le « beau » qu’apporte en partie l’étage à tube des Aelius et qu’il est légitime d’apprécier, d’une autre façon.
Le beau et le vrai… bien sûr c’est parfaitement subjectif, des mots pour essayer de définir quelques nuances de perception, mais la réalité est que l’on a jamais toute la beauté du vrai, ce qui est le plus proche du vrai dans la restitution audio devient sensible au moindre aspect artificiel contenu dans la restitution, ce qui semble un peu moins vrai mais beau témoigne de compromis assez bien choisis pour que ce qui reste artificiel ne soit pas si perceptible, au profit d’un tout musical finalement facilement assimilable à quelque chose de naturel pour notre cerveau, sensible au moindre aspect artificiel, systématique, distordu. C’est ainsi que le tube bien fait peut donner plus de musique, perte d’un côté artificiel plus important pour notre cerveau que les compromis faits sur d’autres aspects plus objectifs mais moins importants pour notre perception, à mon humble avis. Mais on sent bien quand même à un moment quand on obtient plus de vrai sans artificialisation mal venue, pour moi ça reste le but recherché, le plus difficile, et rarement associé à la multiplication d’éléments actifs en série dans le système entre source et enceintes.