Bon, premières écoutes du coffret Beethoven par Blomstedt et le Gewandhaus de Leipzig.
La Septième m’a tout de suite séduite. J’avais déjà aimé cette version sur Qobuz, mais sur le système, en prenant le temps de l’écouter, elle confirme tout le bien que j’en pensais. Je crois même qu’elle rejoint désormais mon petit groupe de versions de référence.
J’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans cette symphonie : le côté endiablé, l’apothéose de la danse chère à Wagner, mais aussi quelque chose de plus martial, qui m’a rappelé le contexte des guerres napoléoniennes. Ce n’est jamais lourd, jamais démonstratif, mais il y a une tension, une énergie permanente. Et surtout, cette disposition orchestrale avec les violons antiphoniques permet d’entendre les dialogues entre pupitres avec une évidence extraordinaire. Tout respire, tout se répond, tout vit.
Et puis est arrivée la Huitième.
Là, je dois dire que je suis restée complètement désarmée.
J’ai toujours adoré cette symphonie. J’aime beaucoup Muti, j’avais apprécié Immerseel, mais cette version va encore plus loin pour moi. C’est tout simplement la plus belle Huitième que j’aie entendue.
Ce qui m’a frappée, c’est son incroyable vitalité. Par moments, j’avais l’impression d’entendre un Mozart coquin. À d’autres moments, c’était du Beethoven pur jus. Mais surtout, cette œuvre est devenue sous mes oreilles un véritable divertissement au meilleur sens du terme.
J’en étais à imaginer Guignol et ses marionnettes qui se tapaient dessus à coups de bâton ! Ça peut paraître étrange comme image, mais c’est exactement ce que j’ai ressenti : de l’humour, de la malice, des échanges incessants entre les pupitres, une musique qui sourit et qui joue avec l’auditeur.
Le plus fort, c’est que rien ne paraît forcé. On n’a jamais l’impression qu’on cherche à être drôle ou original. Tout semble couler de source.
Résultat : la symphonie se termine… et frustration immédiate. J’avais simplement envie que ça continue.
Pour moi, Blomstedt réussit quelque chose de rare : il ne dirige pas seulement Beethoven, il semble comprendre profondément l’esprit de l’œuvre. La Septième m’a enthousiasmée. La Huitième m’a totalement conquise.
Du coup, j’ai encore fait craquer le porte-monnaie, soit Blomstedt, soit l’orchestre de Leipzig.