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Schubert
Bonjour tout le monde

Il existe plein de manières de bâtir des « playlists », je ne parle pas des playlists destinées à « évaluer » un système hi-fi, mais de choses plus en lien direct avec la musique. 

Les 8 impromptus de Schubert, 1 seul impromptu de Schubert par plusieurs interprètes, etc. 

Mais j’adopte parfois une autre approche: un « thème » donné et plusieurs compositeurs. 

Histoire de continuer à vous mettre le moral à 0  Undecided Wink
je vous propose « Stabat Mater ». La Mère se tient debout au pied de la croix de son Fils crucifié. 

Le thème est éminemment religieux, mais il y a tant de compositeurs totalement inattendus qui en ont composé, avec des musiques poignantes, que j’en viens à imaginer/fantasmer qu’ils les ont composés pour leur propre Maman. 
  • L’un des plus célèbres est celui de Pergolèse, mort à 26 ans.  Si l’on tend bien l’oreille ou que l’on regarde la partition, les deux voix commencent ensemble par la plus terrible dissonance: 1/2 ton. J’avoue humblement que bien que musicien, oreille absolue, bla bla bla, ce n’est qu’en regardant la partition pour voir comment c’était foutu que je l’ai réalisé. 
  • Inattendu, Vivaldi! Mais écoutez aussi ses opéras… Vous verrez que ses dizaines de concertos sont presque secondaires. 
  • Encore plus inattendu, Rossini, le compositeur de la Pie Voleuse ou de l’Italienne à Alger, méprisé par Beethoven, et qui a totalement arrêté la composition pour ne plus faire que… de la cuisine. Mais écoutez aussi sa Petite Messe Solennelle.  
  • Évidemment notre SchuSchu en a composé 2. Celui ci composé à 19 ans. 
  • Et celui ci à 18 ans (texte qui ne reprend que 4 versets sur 20)
(05-11-2026, 04:03 PM)ThierryNK a écrit : Salut 
@nard
Oui, c’est très (très) bien…

Ahhh!! Les transcriptions de Liszt de Lieder pour piano seul.  Je les ai tous déchiffrés. Ils sont presque tous injouables pour moi. 

Le Roi des Aulnes où je craque physiquement au bout d’une page et à la moitié du tempo  Cry Pleure




Marguerite au rouet où la polyphonie est épouvantable à gérer en même temps que le « mouvement perpétuel » du rouet. Ma prof m’encourage à le travailler (elle le joue en concert), quand pour le Roi des Aulnes, elle m’a simplement dit non. 



Merci à Kenobi, Ds21 et Zephy58 pour votre participation que je n’avais pas vue quand j’ai écrit le précédent post.

Coucou Thierry, suite à notre petite conversation de la dernière fois  Wink

Comme je te l'ai dit, Schubert est un trou béant dans ma culture musicale... 

... Sauf pour les transcriptions de Liszt notamment car je suis un lisztien fou au stade presque terminal... Angel

Donc du coup, je connais Schubert, nin pas directement à travers sa musique, en propre et inaltérée, sous sa forme originale, mais quant à l'interprétation et la relecture qui en a été faite par d'autres... Au piano. Joker

Allez, tu as dû déjà répondre, mais pour bien commencer, piano seul, j'écoute qui et quoi ?  Drink
Holo "Spring 3 KTE", SMLS "PL200T" + Reddo Audio "J92 v10", Musician "MDP-2", McIntosh "Mc501" (x2), Focal "Micro Utopia Be" (x2), Murmure Audio "Ultimate" ~ XLR, HP, AES, Secteur (x4), Barrette, REL "T/7x" (x2) ~ Cut 8 ~ Gain 17 + DSW "REL True Link" (x2) + Oyaide "GPX PC" (x2), Klinger "Floating Board", Synergistic Research "Pink" & "Purple" (x6), Ingress  "Rollerblocks" (x12), Marigo "Virtuoso Black CD Mat", LOA "R6G", Résonnateur de Schumann "Chartres Mk II", Pièce Dédiée.
Hello

Je fais partie de ceux qui apprécie énormément que les musiciens parlent au public avant de jouer. A mon niveau, je le fais. 

Pour l’impromptu 3 D899, voilà ce que j’écrivais il y a qq années. 

Avec un couple d’amis, nous avons loué une barque sur l’un des lacs à côté de Salzburg. Nous étions quasiment seuls, temps splendide, paysage sublime et reposant, lac entouré de montagnes. Mozart dans les oreilles et la tête après de nombreux concerts.

Avec les mouvements de nos rames sur l’eau, celle-ci avait de légères ondulations. À chaque coup de rame, tout était quasiment identique. Mais pas tout à fait, nous nous étions un tout petit peu déplacés et nous mêmes avions un tout petit peu vieilli. 

Cette sensation « c’est presque pareil mais pas vraiment » m’a bouleversé. Une sorte de parabole que chaque seconde qui passe nous rapproche de l’inéluctable. 



Et pour l’andantino que je vais jouer le 27 juin prochain, voici ce que je vais lire avant, trouvé sur un blog anonyme. Je l’enchaînerai immédiatement avec l'impromptu 2 D935 comme une sorte de pansement. 

S'il fallait lancer un grand concours des vies d'hommes célèbres les plus tristes et pathétiques, difficile de trouver mieux (enfin pire) que celle de Schubert. Pas vraiment gâté par la nature, myope, pauvre, incompris, n'a pas connu l'amour, atteint d'une maladie douloureuse jusqu'à sa mort à 31 ans... à ce stade, ce n'est plus un destin malchanceux, c'est de l'acharnement. Comme si les dieux de la musique lui avaient donné trop et que les autres dieux ont décidé de tout lui reprendre à côté pour équilibrer. Car ce pauvre myope timide, malade et rondouillard est un des plus grands compositeurs de l'histoire. A la fois un grand novateur, qui ne sera compris que bien après sa mort (grâce à Liszt, notamment), et peut-être le plus grand mélodiste de l'histoire de la musique. Ce que prouve ce magnifique andantino...


Une des mélodies les plus belles, poignantes et mélancoliques que je connaisse. Brahms l'appelait "berceuse de la douleur", il avait raison. Ce seul thème sublime, c'est déjà une raison de placer au plus haut ce mouve-ment. Mais Schubert ne s'arrête pas là. Il le fait suivre d'une partie centrale stupéfiante, inattendue après cette première partie si émouvante et délicate, mais aussi étonnante pour l'époque (1828). L'andantino est de
"forme-lied", c'est à dire que la 2º partie est "contras-tante", alors que la 3º partie est un retour à la 1° partie (subtilement variée). Mais le contraste dans cette 2° partie est... fou. Des modulations particulièrement audacieuses et déstabilisantes, ajoutées à une violence, une liberté, une montée en tension et une frénésie qu'on ne pouvait imaginer succéder à une première partie aussi mélancolique et touchante. Bref, ce que fait ici le timide Schubert, quand on replace les choses dans leur contexte, c'est bien plus étonnant et violent que ce que feront les punks...

D'une certaine manière, c'est tout le romantisme qu'on retrouve dans ce mouvement. Si Beethoven est le
"père", le précurseur, le guide pour les musiciens ro-mantiques, il reste par certains aspects un classique comme Haydn et Mozart. Schubert, lui, est souvent considéré comme le premier vrai compositeur romantique. Dans cet andantino, on a les deux facettes du romantisme à leur plus haut :
1° et 3º parties : mélancolie, délicatesse, intériorité, solitude, rêve, tristesse, souffrance 2° partie : originalité, tension, folie, violence, étrangeté, provocation, fantastique, tourments, révolte
Cet andantino est d'autant plus surprenant dans cette sonate en la majeur que l'oeuvre est plutôt apaisée, lumineuse, sereine. Une oeuvre écrite juste deux mois avant sa mort... après des compositions plus désespérées, sombres, témoignages de sa douleur, Schubert revient à un peu plus de "légèreté"... sauf dans ce 2° mou-vement, poignant et déchirant, comme si la mort, la douleur et le tragique de sa condition surgissaient à nouveau au beau milieu d'une période de sage résignation.



Hop, c'est noté  Wink
Holo "Spring 3 KTE", SMLS "PL200T" + Reddo Audio "J92 v10", Musician "MDP-2", McIntosh "Mc501" (x2), Focal "Micro Utopia Be" (x2), Murmure Audio "Ultimate" ~ XLR, HP, AES, Secteur (x4), Barrette, REL "T/7x" (x2) ~ Cut 8 ~ Gain 17 + DSW "REL True Link" (x2) + Oyaide "GPX PC" (x2), Klinger "Floating Board", Synergistic Research "Pink" & "Purple" (x6), Ingress  "Rollerblocks" (x12), Marigo "Virtuoso Black CD Mat", LOA "R6G", Résonnateur de Schumann "Chartres Mk II", Pièce Dédiée.
Thumbs Up 
Merci Thierry pour ce tres beau fil sur Schubert, tres interessant et instructif
"Il faut avoir une grande musique en soi si l'on veut faire danser la vie." Friedrich Nietzsche “
Aujourd’hui, changement d’ambiance. Smile

Après plusieurs jours passés avec Beethoven, Leipzig et Blomstedt, j’avais envie de piano.

Le coffret Ciccolini reste encore largement à explorer, alors je me suis laissée porter par le CD 31, consacré notamment aux Impromptus de Schubert.

Pas de grande analyse cette fois-ci, simplement un très beau moment de musique. Un jeu plein d’élégance, de délicatesse et de naturel, qui invite à ralentir un peu le rythme et à profiter de l’instant.

Décidément, ce coffret réserve encore de belles découvertes. Prions
Living Voice ~ Ear Yoshino ~ Lampizator ~ Audio Analogue ~ Auralic & Purist Audio
   Exclamation No Annihilation Allowed  Exclamation


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