06-04-2026, 11:55 AM
Titre autobiographique
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Schubert
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06-04-2026, 11:55 AM
Titre autobiographique
06-04-2026, 07:15 PM
Bon, je me lance, sans doute un peu présomptueux moi aussi, mais je ne voudrais pas témoigner d'indifférence au petit challenge que Thierry nous a lancé, concernant ce 1er mvt de la 5e.
Difficile effectivement, de faire plus opposé, à l'image des deux chefs, bien évidemment, mais il y a aussi des différences de tonalité et de sonorité de l'orchestre, qui n'est sans doute pas constitué pareillement, outre la prise de son. Boulez, hyperintello, ne perd jamais la cadence, il me semble (l'écoute sur smartphone est un peu rébarbative, donc je n'ai pas vérifié). On est toujours dans la mesure. Sans être une erreur, cela semble ressortir d'une approche très intellectualisée qui, au premier abord, ne paraît pas correspondre à Beethoven, surtout dans le premier thème, pan pan pan pan, que l'on s'attend à entendre explosif, à l'image de son compositeur. Là où cette interprétation est particulièrement intéressante, c'est dans le deuxième thème, plus paisible, qui lui répond, car elle en fait parfaitement ressortir toute la construction. C'est du Boulez pur jus, qui dirige une interprétation cérébrale avec une rigueur mathématique, pour exposer avec clarté la structure complexe de cette composition géniale. En faisant toucher du doigt les connexions neuronales du grand Ludwig, elle apporte un plaisir rare. Vraiment à l'opposé, donc, la version de Gardiner est d'une intensité et d'une tension explosive tout à fait remarquables. Il dirige, sur un tempo d'enfer qu'il module à sa convenance, avec beaucoup de brio et de virtuosité, une interprétation magistrale qui pousse à leur extrême limite les capacités des musiciens et de leurs instruments. Il rend parfaitement toute l'intensité dramatique qui devait habiter le coeur de Beethoven au moment où il a composé. On retrouve son caractère ombrageux que la tradition nous a transmis, mais aussi son immense exigence prométhéenne et sa générosité. Toutefois, notamment dans le second thème, malgré la clarté de l'orchestre, le cerveau n'a plus le temps d'analyser et l'interprétation est, peut-être, vu la vitesse d'exécution, moins précise (il faudrait que j'écoute sur ma chaîne pour tenter d'en savoir un peu plus). Quoi qu'il en soit, c'est magnifique, on est transporté, le plaisir est total, on ne réfléchit plus... Merci Thierry pour ces belles découvertes
Pluie du matin n'arrête pas le sous-marin
06-04-2026, 07:44 PM
Mais de rien!!
Pour ceux qui a minima lisent l’anglais (la lecture en dehors de YouTube est désactivée). C’est passionnant, éclairant, et le genre de boulot historique, social et culturel dont de trop nombreux « musiciens » y compris les bankables, s’abstiennent, par paresse ou suffisance ou les deux. https://youtu.be/_p7D9U0h4vQ?is=xz_nmM2nD0VKN_RG
Oui, très intéressant, effectivement,
j'ignorais tout cela ! Ainsi, les "paroles" du pan pan pan pan, sont "le fer en main, nous le jurons", tirés d'un air révolutionnaire de Cherubini. Le 4e mvt est structuré par "l'hymne dithyrambique" de Rouget de Lisle (ou est-il simplement cité ') liberté, liberté... En tout cas, les Viennois ont moyennement apprécié. Ce n'est que lorsque l'oeuvre a été représentée en France, que les Parisiens ont immédiatement reconnu et compris son origine et l'ont acclamée, ce qui fut le départ de son succès international
Pluie du matin n'arrête pas le sous-marin
06-05-2026, 06:01 AM
Tu n’imagines sans doute pas à quel point je suis heureux que ne serait-ce qu’une seule personne ait pris le temps de regarder cette vidéo!!
De la même manière, Il y a eu un « débat » autour du premier mouvement du concerto 25 de Mozart… Thème emprunté par Rouget de Lisle à Mozart? Mais, en lisant la correspondance abondante de Mozart, ce n’est pas Rouget de Lisle qui a composé notre Marseillaise, mais Ignace Pleyel. Rouget de Lisle est l’auteur des paroles sur une musique de Pleyel écrite bien plus tôt. Mozart, Ignace Pleyel et Cherubini, francs-maçons tous les trois, échangeaient thèmes et partitions. Mozart a ainsi cité le thème écrit par Pleyel dans le premier mouvement de son concerto 25 où figure aussi le pom pom pom pom. À partir de 6:45, pom pom pom pom et thème de la Marseillaise.
06-05-2026, 02:50 PM
Thierry,
Je ne suis certainement pas le seul à te suivre. Ce fil est passionnant et je te remercie de partager tout ça, mais peu de monde a suffisamment de dispo pour écouter ou regarder tout ce que tu apportes. J'espère que d'autres feront l'effort de visionner ce reportage d'une heure trente sur Beethoven by Gardiner, il est remarquable et le commentaire est simple et clair, facile à suivre pour un francophone
Pluie du matin n'arrête pas le sous-marin
06-05-2026, 03:54 PM
Hello, je suis en sous-marin...
...Chut, cela m'évite de dire des bêtises !
Salut Papy, je sais bien qu'il ne m'arrive pas seulement d'en dire, mais aussi d'en écrire (et je l'ai prouvé...) mais pas seulement, j'espère
Amitiés, Bernard
Pluie du matin n'arrête pas le sous-marin
06-05-2026, 05:52 PM
Ça me fait bien plaisir de voir Papytechnofil ici.
Pour les « bêtises », vous devriez assister à certains de mes cours de piano. Je ne parle ici que des « trucs bien » en omettant toutes les horreurs qui parsèment le chemin. Extraits choisis pour l’andantino - 12 fois le même accord à la main droite, c’est peut être la main gauche qu’il faut mettre en valeur - pourquoi vouloir jouer fort alors que dans l’aigu ça sonne tout seul - dans cette phrase, ton rubato n’a strictement aucun sens - les 4 notes rajoutées dans l’aigu au thème dans la dernière partie sont une sorte de réminiscence, pas une sonnerie de téléphone.
Passionnant de connaître la petite histoire et les liens de filiation qui existent entre ce 25e concerto pour piano de Mozart, composé en 1786, la 5e de Beethoven et notre Marseillaise de Rouget de Lisle, dont la musique a été composée par Pleyel.
Du coup, bien que cela ne nous ramène pas à Schubert, je voudrais vous faire partager cette découverte peu connue, je crois, sur laquelle je suis tombé il y a fort longtemps, quand j'ai reconnu les modulations du 1e mvt de la sonate 14, Clair de Lune, de Beethoven, dans cette main gauche du 2e mvt du concerto pour clavier en ré majeur Hob XVIII/11 de Haydn. C'est entre 12:32 et 13:25
Pluie du matin n'arrête pas le sous-marin
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