(08-14-2022, 08:14 PM)joia a écrit : Bonjour ,
une kt 170 est censée apportée plus de puissance qu 'une 150 elle meme plus puissante qu 'une 120 , mais le son est il degradée ?
Alors j'ai testé les KT88, KT94, 6550 et KT120 sur mon prototype single-ended (vu ici avec un KT88) :
Je ne constate pas de différence significative entre ces tubes ni à l'écoute, ni à la mesure. Le circuit est établi pour une 6550/KT88 à l'origine.
J'aurai l'occasion de faire le test sur mon Audio Research D76 lorsqu'il sera là fin Août, ampli conçu pour des 6550.
Quelques points à considérer - selon moi
:
1 - Les KT120, 150 et 170
n'apporteront pas plus de puissance qu'une 6550 ou une KT88
si elles sont alimentées sous les mêmes tensions et courants, ainsi que la même résistance de charge. C'est logique, puisque ces tubes ont les mêmes courbes caractéristiques.
2 - Les KT120, 150 et 170 peuvent être utilisées à des tensions (surtout) et des courants (possiblement)
plus élevés qu'une 6550 ou une KT88. Elles seront donc capables, moyennant une résistance de charge peut-être différente, de
donner plus de puissance de sortie.
3 - Toutes choses égales par ailleurs, peu importe le tube de puissance :
4 - Plus un tube présente un vide poussé : plus il sera capable de donner la puissance de sortie spécifiée (voire plus) avant distorsion, plus il durera longtemps, moins il risquera l'emballement thermique, mais plus sa sonorité sera "dure".
---> A l'écrêtage, l'entrée en distortion sera retardée mais plus incisive, plus raide (formes d'ondes à angles vifs) : c'est la distosion dite "dure" (hard clipping).
5 - De fait, un tube présentant un vide moins poussé montrera les spécifificités inverses : puissance plus limitée avant distorsion, durée de vie moindre, risque d'emballement thermique accru, mais sonorité plus "douce".
---> A l'écrêtage, l'entrée en distortion sera précoce mais plus progressive, plus moelleuse (formes d'ondes s'arrondissant nettement avant de présenter des angles vifs) : c'est la distorsion dite "douce" (soft clipping).
6 - Pour un tube préamplificateur, le phénomène est le même, mais il s'agit alors de la tension de sortie au lieu de la puissanxe.
7 - Les militaires ont toujours préféré les tubes à vide poussé. Ce qui les intéresse en premier lieu est la tenue des performances, la durée de vie et la fiabilité.
8 - La différence de timbre entre deux jeux de tubes de puissances - l'un à vide poussé, l'autre à vide plus faible - utilisés dans un même
amplificateur pour guitare est notable, voire très importante lorsque l'on entre en overdrive de l'étage final (mettez des protections auditives
). Ainsi, les Métalleux préfereront souvent la distorsion "dure" des tubes à vide poussé, les Bluesemens chosirons la distorsion "douce" des tubes à vide moindre...
9 - Depuis l'aube de la Radio, on sait qu'une lampe détectrice présentant un vide faible est plus sensible à détecter les signaux faibles des stations lointaines qu'un tube à vide poussé qui, quant à lui, sera un meilleur amplificateur HF, puisque capable de donner plus de tension sans distorsion, et l'on sait qu'en HF, les harmoniques ont un rôle bien plus important qu'en BF.
Alors je donne peut-être l'impression de "donner une leçon"...
Mais en fait, je n'invente rien : ceci est décrit dans de nombreux manuels de Radio-Electricité des années 20 à 50, et je l'ai constaté aussi par expérience, notamment dans l'amplification guitare à tubes, où le phénomène est assez flagrant...
Ce qui veut dire que, intrinsèquement, le son (dur ou doux) d'un tube peut varier nettement - ou pas -
d'un échantillon à l'autre, bien qu'ils soient d'une même marque et d'un même modèle, etc... Ne serais-ce que déjà simplement par le degré de vide, en dehors de la géométrie et de la qualité de construction dudit tube (lesquels ont une influence aussi).
Voilà pour les grandes lignes qui se vérifient en général, sachant qu'il existe toujours des exceptions !
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