Après tous ces retours, j’ai patienté une semaine pour faire le mien. J’ai eu l’occasion de passer une journée et demie chez Emmanuel le week end dernier avec David (Cayu) pour une petite réunion amicale, je remercie chaleureusement Emmanuel et sa charmante moitié pour leur accueil, ce fut un moment avant tout agréable et convivial, avec ce que j’estime une chance: ne pas avoir un seul instant allumé une télé pour voir ce qui se passait ailleurs ce jour là ….
Après avoir accueilli les Zelda à la maison et en avoir fait un retour dans mes conditions (voir le chapitre dédié quelque part plus haut je pense), c’était un plaisir de les entendre dans leur environnement et électroniques de prédilection pour faire la part des choses. J’en ai profité aussi pour apporter deux trois bricoles sans prétention pour voir comment le système en place allait dévoiler le rendu de ces bricoles, rien de tel qu’apporter un matériel connu pour un peu mieux cerner ce qui fait le tout et l’élément individuel dans l’équation.
Pour qui a parcouru un peu le fil que j’ai ouvert dans les enceintes sur les intentions musicales, attaques et retombées de notes, le passage de l’émotion, cette visite s’inscrit totalement dedans bien évidemment car je considère qu’une des voies de réussite côté enceintes peut passer par le large bande bien mis en œuvre. J’ai vécu avec plusieurs mises en œuvre de large bandes, Davis MVone avec le 20DE8, Fostex en colonne ou pavillon, Fertin, on perd toujours quelque chose en transparence quand on les quitte, on les quitte à cause de leur limite de cohérence sur le haut medium bien souvent, une coquetterie qui dénature un peu les timbres, une limite atteinte par un hp qui fait tout mais pas tout bien.
Ce n’est pas le cas avec les Zelda dont le large bande est adapté, chargé et alimenté de telle sorte que jamais il n’irrite l’oreille par une aspérité non naturelle, tout en le gardant non filtré ce qui est la condition de base pour en obtenir toute la vérité, la résolution qui puisse donner les plus petites informations de texture de la musique, d’une voix, d’un instrument, toujours d’une façon ou d’une autre trahie par le filtrage.
On dit souvent qu’on apprécie ces enceintes parce qu’elles placent la musique avant la résolution que l’on trouve dans les enceintes plus techniques, mais au fond attention aux incompréhensions que cela pourrait créer à mon humble avis, voilà une enceinte de haute résolution justement, pour fouiller la musique et en sortir toutes les petites variations d’énergie qui font que l’on va vivre l’intention musicale, la technique de jeu ou de chant d’un artiste, bon sang il faut un maximum de résolution des petites informations et la plupart des enceintes haut de gamme noient ces infimes variations d’énergie dans leur filtrage, au profit de détails plus haut en niveau mis en avant avec une perte du liant temporel qui fait vivre, moduler ces petites informations. Les meilleures poussent l’analyse très loin mais au prix d’un besoin de maîtrise qui prive d’une musique vraiment spontanée, la propreté d’une perfection qui montre la maîtrise et richesse mais perd ce que l’on peut capter de l’émotion pure du vrai parce que cette haute résolution est indirecte, filtrée, tramée.
Pour autant, dans les deux cas il est facile de perdre l’essentiel avec peu de variations dans le système, c’est factuel, donc loin de moi l’idée de faire un procès aux différents systèmes existants en hifi, il n’y a pas qu’un chemin qui mène à son propre plaisir et à une forme de rapprochement à la musique, tous ont des arguments valables et tous ont un point commun immuable: optimiser la mise en œuvre de ce que l’on a reste le premier secret d’une réussite globale. Mais le point de départ reste le même à mon humble avis: l’enceinte et son environnement, ensuite on travaille autour pour que ça marche au mieux de ce qu’on puisse en sortir.
La Zelda me fait penser à mes Andra dans leur logique de conception, prolonger la restitution de HP large bande non filtrés dans le haut et bas du spectre. Ce n’est pas du tout le principe général des enceintes trois voies qui filtrent leur medium en haut et en bas pour le faire jouer propre entre les deux extrêmes du spectre, laissant une part du bas medium au grave, une part du haut medium à l’aigu…. Ce qu’on gagne en distorsion on le perd en spontanéité, en vraie résolution, d’autant plus que le filtre bouffe de l’information, de la nuance. L’art des concepteurs de filtres chiadés est de dénaturer / colorer le moins possible le résultat final, l’art de l’utilisateur de large bande non filtré c’est de garder toutes ses facultés sur toute la bande passante sans vriller quelque part.
En essayant une variante sur l’alimentation de la partie électro aimant du Fertin à excitation l’on s’aperçoit évidemment de l’impact important de cette alimentation sur le résultat final en terme de respect des nuances de la musique, il faut que l’alim dans sa conception permette la modulation musicale fine, un peu comme une amplification peut poser souci quand elle impose une contre réaction nuisant aux nuances du medium pour chercher une meilleure maîtrise des hp. Cette alim est aussi importante que l’ampli du système. Mais second aspect très intéressant: écouter quelques dizaines de secondes la Zelda avec uniquement son tweeter et son 30, sans le large bande. On note alors à quel point c’est le large bande qui fait tout de haut en bas, comment le tweeter est subtilement dosé pour ne pas s’imposer mais juste ouvrir l’espace sonore dans le haut du spectre avec un dé de chatoiement en plus, comment le 30 n’est pas un hp de grave mais un soutien au 21 large bande subtilement dosé pour ouvrir l’espace sonore dans le bas du spectre, donner une dimension spatiale à l’écoute que la charge du 21 seule ne donne pas, et j’oserais dire une meilleure faculté d’intégration à la pièce de l’espace sonore de l’enregistrement grâce au au concept dipole Hframe, ce n’est pas accessoire, c’est une optimisation d’ensemble de l’expressivité de l’enceinte au service de la musique par l’utilisation de deux charges différentes, c’est cela qui fait de la Zelda un tout qui fait la fierté de son concepteur, et autre chose qu’une enceinte trois voies traditionnelle.
La pièce de vie d’Emmanuel a été peaufinée à l’oreille avec des éléments de traitement simples, bien intégrés, mêlant absorption et diffusion / diffraction, permettant un résultat de qualité à l’oreille, sans toniques désagréables. Les enceintes sont éloignées des murs latéraux et du fond de pièce, on est un peu sur une écoute monitor pour le point d’écoute à distance critique, avec un croisement devant l’auditeur, permettant les yeux fermés une excellente immersion dans la musique, que ce soit sur l’intimité d’une simple voix et instrument, ou sur une grande formation orchestrale qui se déploie dans l’espace. Un peu plus de recul pour se placer plus dans le champs réverbéré ne fait pas trop sortir de la musique, permettant de profiter du panorama sonore sur les grandes formations, témoignant d’une acoustique saine. La seule limite que j’ai identifiée concerne l’équilibre droite / gauche de l’image sonore avec un léger décalage vers la droite de l’image, étant habitué dans ma pièce à une parfaite symétrie de la pièce je suis sensible à cela, il y a matière à optimisation mais c’est toujours délicat de mettre le doigt sur ce qui permet d’équilibrer l’énergie diffusée par les deux côtés de la pièce pour avoir une image parfaite. Quoi qu’il en soit cela ne pose pas une limite sur la résolution perceptible, c’est à dire que la pièce n’interfère pas négativement avec la musique, ce qui en fait un lieu d’écoute et de jugement appréciable.
Les électroniques peaufinées par Emmanuel sont taillées pour donner vie, finesse et richesse aux Zelda, tout commes elles s’avèrent assez rigoureuses, neutres pour ne pas colorer la restitution, elles sont au service de la musique, que ce soit la platine vinyle, le préampli ou les blocs Jolida push pull de 211. Je ne connais pas bien ce tube mais je suis très agréablement surpris par ce que j’entends, ces blocs donnent de l’ampleur, de l’énergie mais sans projeter, ils habitent et dessinent les panoramas musicaux dans l’espace avec les Zelda, le partenariat est excellent, les enregistrement et source sont fidèlement restitués sans pousser dans le tuyau, c’est droit, plus droit que bien des amplis totor qui souvent sont plus secs pour les mauvais, donnant plus d’énergie en premier plan sonore au détriment de la profondeur, ou à l’inverse plus chauds et ronds, non là on a une énergie folle mais jamais en avant, toujours en respectant les plus petites informations musicales, le côté modulé de la musique. La richesse perçue trahit l’absence de tubes actuels sur le chemin du signal à mon humble avis, tant en préamplification qu’en puissance Emmanuel utilise des merveilles NOS donnant une transparence qui peut souvent échapper aux fabrications contemporaines, c’est loin d’être un hasard. Ce ne sont pas non plus des amplis suaves outre mesure, on peut probablement faire un peu plus vecteur d’émotion, plus « pur », mais leur faisceau de qualités est tel qu’on ne peut rien leur reprocher.
Également agréablement surpris par le Volta en source démat, Emmanuel y a mis son grain de condo NOS en sortie pour le rendre plus naturel donc je ne l’aurai pas entendu dans sa livrée constructeur, mais là il est taillé pour donner la bonne gradation dans l’énergie de la musique, posé, subtile, sensible, et sans montrer une artificialisation de la restitution côté réseau même sans optimisation lourde de ce côté, il m’est apparu comme un maillon non limitant outre mesure, assez respectueux de la musique pour ne pas se poser de questions. Ainsi optimisé par EBM c’est une valeur sûre. Il suffit d’écouter un bon vinyle sur cette installation pour comprendre pourquoi le Volta modifié est intéressant tant il s’en rapproche, pas dans un côté coloré mais bien dans un côté finement résolu sur la modulation de la musique, avec un côté analogique naturel qui rapproche de la musique.
Les Zelda sont vraiment très expressives et directes sur ce qu’on leur donne à manger, de vrais outils de jugement matériel autant que de superbes partenaires pour vivre la musique. Avec les blocs très expressifs on retrouve la logique de conception des câbles EBM que j’avais noté chez moi, ils ne visent pas à tendre la restitution et lui donner vie mais bien à la détendre, l’affiner, pour mettre la microdynamique et douceur en tête alors que ampli et enceinte font l’énergie, l’expressivité, et la source fait la subtilité, le rendu analogique. Il n’est pas rare que l’on fasse l’inverse avec d’autres électroniques et enceintes, avec des cablages plus dynamiques pour donner vie à l’ensemble (comme mes câbles Ypsilon), mais cela peut se faire au détriment des plus petites informations de texture musicale qui peuvent être éteintes, comme un petit ampli triode perd ses qualités sur une enceinte trop poussive, il n’y a pas de hasard dans la logique d’ensemble EBM, mais une cohérence venue de l’écoute et des choix côté conception des enceintes. La Zelda n’est pas une enceinte facile, elle ne demande pas de haute puissance mais une haute résolution, richesse des électroniques, éviter tout ce qui peut étouffer la musique ou l’artificialiser, un simple condo sur un étage de sortie ou alim peut suffir à casser ce qui est recherché, la bonne dose d’énergie au bon moment pour faire vivre la musique dans ce qu’elle a de plus viscéral, non pas pour balancer la purée, mais pour les sons les plus subtiles qui font qu’on est au plus proche du chanteur, de son instrument, de sa gestuelle et technique de jeu unique qui est souvent lissée sur les autres systèmes, plus tassée micro-dynamiquement, filtrée.
Un essai du Wiim Amp Ultra sur les Zelda a montré exactement le caractère de l’appareil à mon humble avis, alors que paradoxalement on aura des résultats moins discriminants ou plus caricaturaux dans d’autres situations. Le rendu est plutôt posé, équilibré, doux, le grave assez rond. Les Zelda montrent l’équilibre réel de l’appareil tout en un, tout en montrant ses limites de richesse, vie, subtilité.
La source de mon second système ayant rendu l’âme (ancien Logitech Transporter modifié Modwright), j’ai acquis en seconde main un dac1 référence Lab12, dac NOS utilisant 4 puces Philips 1543 par canal, avec un étage de sortie à tubes 6922 électro harmonix. J’ai vite viré ces tubes horribles qui n’ont rien à faire en audio pour des e188cc NOS d’origine Philips, beaucoup moins colorés, beaucoup plus respectueux de la musique. L’entrée usb à la bonne idée d’être alimentée par le dac, ce qui fait que l’on peut utiliser la sortie usb du Wiim avec mon câble usb Jcat ne passant que le signal sans l’alim. A la place du Volta on entend toutes les qualités et limites de ce dac c’est incroyablement éclairant de vérité, l’on entend tout de suite que l’ensemble est cohérent et musical, que l’étage de sortie est réussi et laisse passer la musique de façon analogique, que l’entrée usb est très correcte, et ce que fait l’étage de conversion, le côté fort en courant, dynamique des puces TDA1543 mises en parallèle, la limite de variété tonale et subtilité de ces puces mais un tout qui ne simplifie pas la restitution là où ça compte pour le plaisir musical et la différenciation entre enregistrements, on perd en variété tonale, subtilité, mais pas en plaisir, vie et équilibre, on a même un petit plus de suavité naturelle face au Volta, qui cependant gagne sur le reste de par une plage dynamique, subtilité et variété tonale d’une autre gamme. Les Zelda montrent tout cela de la plus belle façon, sans artificialisation, elles passent l’émotion dont la source est capable, tout en montrant sans trituration ses limites.
Un essai de mon petit single end d’el84 à la place des blocs Jolida, 3 ou 4 watts, montre la cohérence des enceintes face à une restitution simple. On sent tout de suite que sa cohérence est là mais que le montage n’offre pas la maîtrise, résolution dont les enceintes sont capables. Un cable secteur plus « tendu » que l’EBM , ainsi qu’un tube d’entrée donnant un peu plus de gain et de résolution, redonnent au petit de la tension qu’il faut pour un message plus lisible, mais l’on a pas la résolution et différenciation, faible diaphonie des blocs mono. Le petit se débrouille mieux sur mes Living Voice en terme de facilité côté enceintes, tout comme cela montre la différence de tempérament entre Zelda et OBX d’ailleurs, les Living Voice sont faciles, légères, bien filtrées pour être bien timbrées, les Zelda sont plus discrinimantes, résolues, pointues, directes, elles demandent plus , pour donner plus. Les deux sont au service d’un rapprochement à la musique pour le plaisir, la Living Voice n’est pas une enceinte large bande et ne propose pas le même niveau d’expressivité, de subtilité, ni le même niveau de criticité dans la mise en œuvre je pense. Possible que mon Cayin 500 eut été intéressant à essayer sùr les Zelda. Elles aiment le tube pas de doute, pour sa faculté à donner de la profondeur, subtilité dynamique, modulation.
Au final je dirais que ce fut un plaisir de redécouvrir certaines pistes de ma playlist sur l’ensemble Volta Jolida par EBM Zelda, le niveau de subtilité obtenu par cet ensemble dont la Zelda est le cœur mais pas seule, de mise en valeur de la modulation musicale, des plus petites informations qui font qu’on l’on a la sensation d’écouter un grain, intonations de voix qui confine à l’intimité avec l’artiste, une façon de toucher, frotter les cordes d’une guitare qui confine à l’art du jeu plutôt qu’au son de la guitare, un mouvement de l’air dans la pièce qui permet de mettre chaque son d’ambiance sonore de l’enregistrement dans l’ambiance du lieu de prise de son, avec la bonne sensation d’implication, de naturel, de « j’y suis »… quand les enregistrements donnent cela c’est prenant.
Choisir les Zelda c’est un peu choisir un point de départ autour duquel construire ce tout, la Zelda n’est pas une fin en soi qui donnera son jus aussi facilement qu’une paire de LS3/5 c’est évident, et duo Zelda / amplification est la base de cette réussite, la source si assez analogique peut sembler moins critique pour le plaisir final (ce qui n’est pas si commun non plus, facile d’artificialiser l’écoute de ce côté par un rendu trop tendu ou froid). L’écoute des Zelda sur les Jolida permet de se fixer les idées sur ce qu’on peut obtenir, où sont les points critiques sur lesquels ne pas se louper ensuite si on les adopte. Il y a des enceintes plus faciles qui en donneront moins mais avec plus de facilité, mais il y a de très belles choses musicales à explorer avec elles.
Après avoir accueilli les Zelda à la maison et en avoir fait un retour dans mes conditions (voir le chapitre dédié quelque part plus haut je pense), c’était un plaisir de les entendre dans leur environnement et électroniques de prédilection pour faire la part des choses. J’en ai profité aussi pour apporter deux trois bricoles sans prétention pour voir comment le système en place allait dévoiler le rendu de ces bricoles, rien de tel qu’apporter un matériel connu pour un peu mieux cerner ce qui fait le tout et l’élément individuel dans l’équation.
Pour qui a parcouru un peu le fil que j’ai ouvert dans les enceintes sur les intentions musicales, attaques et retombées de notes, le passage de l’émotion, cette visite s’inscrit totalement dedans bien évidemment car je considère qu’une des voies de réussite côté enceintes peut passer par le large bande bien mis en œuvre. J’ai vécu avec plusieurs mises en œuvre de large bandes, Davis MVone avec le 20DE8, Fostex en colonne ou pavillon, Fertin, on perd toujours quelque chose en transparence quand on les quitte, on les quitte à cause de leur limite de cohérence sur le haut medium bien souvent, une coquetterie qui dénature un peu les timbres, une limite atteinte par un hp qui fait tout mais pas tout bien.
Ce n’est pas le cas avec les Zelda dont le large bande est adapté, chargé et alimenté de telle sorte que jamais il n’irrite l’oreille par une aspérité non naturelle, tout en le gardant non filtré ce qui est la condition de base pour en obtenir toute la vérité, la résolution qui puisse donner les plus petites informations de texture de la musique, d’une voix, d’un instrument, toujours d’une façon ou d’une autre trahie par le filtrage.
On dit souvent qu’on apprécie ces enceintes parce qu’elles placent la musique avant la résolution que l’on trouve dans les enceintes plus techniques, mais au fond attention aux incompréhensions que cela pourrait créer à mon humble avis, voilà une enceinte de haute résolution justement, pour fouiller la musique et en sortir toutes les petites variations d’énergie qui font que l’on va vivre l’intention musicale, la technique de jeu ou de chant d’un artiste, bon sang il faut un maximum de résolution des petites informations et la plupart des enceintes haut de gamme noient ces infimes variations d’énergie dans leur filtrage, au profit de détails plus haut en niveau mis en avant avec une perte du liant temporel qui fait vivre, moduler ces petites informations. Les meilleures poussent l’analyse très loin mais au prix d’un besoin de maîtrise qui prive d’une musique vraiment spontanée, la propreté d’une perfection qui montre la maîtrise et richesse mais perd ce que l’on peut capter de l’émotion pure du vrai parce que cette haute résolution est indirecte, filtrée, tramée.
Pour autant, dans les deux cas il est facile de perdre l’essentiel avec peu de variations dans le système, c’est factuel, donc loin de moi l’idée de faire un procès aux différents systèmes existants en hifi, il n’y a pas qu’un chemin qui mène à son propre plaisir et à une forme de rapprochement à la musique, tous ont des arguments valables et tous ont un point commun immuable: optimiser la mise en œuvre de ce que l’on a reste le premier secret d’une réussite globale. Mais le point de départ reste le même à mon humble avis: l’enceinte et son environnement, ensuite on travaille autour pour que ça marche au mieux de ce qu’on puisse en sortir.
La Zelda me fait penser à mes Andra dans leur logique de conception, prolonger la restitution de HP large bande non filtrés dans le haut et bas du spectre. Ce n’est pas du tout le principe général des enceintes trois voies qui filtrent leur medium en haut et en bas pour le faire jouer propre entre les deux extrêmes du spectre, laissant une part du bas medium au grave, une part du haut medium à l’aigu…. Ce qu’on gagne en distorsion on le perd en spontanéité, en vraie résolution, d’autant plus que le filtre bouffe de l’information, de la nuance. L’art des concepteurs de filtres chiadés est de dénaturer / colorer le moins possible le résultat final, l’art de l’utilisateur de large bande non filtré c’est de garder toutes ses facultés sur toute la bande passante sans vriller quelque part.
En essayant une variante sur l’alimentation de la partie électro aimant du Fertin à excitation l’on s’aperçoit évidemment de l’impact important de cette alimentation sur le résultat final en terme de respect des nuances de la musique, il faut que l’alim dans sa conception permette la modulation musicale fine, un peu comme une amplification peut poser souci quand elle impose une contre réaction nuisant aux nuances du medium pour chercher une meilleure maîtrise des hp. Cette alim est aussi importante que l’ampli du système. Mais second aspect très intéressant: écouter quelques dizaines de secondes la Zelda avec uniquement son tweeter et son 30, sans le large bande. On note alors à quel point c’est le large bande qui fait tout de haut en bas, comment le tweeter est subtilement dosé pour ne pas s’imposer mais juste ouvrir l’espace sonore dans le haut du spectre avec un dé de chatoiement en plus, comment le 30 n’est pas un hp de grave mais un soutien au 21 large bande subtilement dosé pour ouvrir l’espace sonore dans le bas du spectre, donner une dimension spatiale à l’écoute que la charge du 21 seule ne donne pas, et j’oserais dire une meilleure faculté d’intégration à la pièce de l’espace sonore de l’enregistrement grâce au au concept dipole Hframe, ce n’est pas accessoire, c’est une optimisation d’ensemble de l’expressivité de l’enceinte au service de la musique par l’utilisation de deux charges différentes, c’est cela qui fait de la Zelda un tout qui fait la fierté de son concepteur, et autre chose qu’une enceinte trois voies traditionnelle.
La pièce de vie d’Emmanuel a été peaufinée à l’oreille avec des éléments de traitement simples, bien intégrés, mêlant absorption et diffusion / diffraction, permettant un résultat de qualité à l’oreille, sans toniques désagréables. Les enceintes sont éloignées des murs latéraux et du fond de pièce, on est un peu sur une écoute monitor pour le point d’écoute à distance critique, avec un croisement devant l’auditeur, permettant les yeux fermés une excellente immersion dans la musique, que ce soit sur l’intimité d’une simple voix et instrument, ou sur une grande formation orchestrale qui se déploie dans l’espace. Un peu plus de recul pour se placer plus dans le champs réverbéré ne fait pas trop sortir de la musique, permettant de profiter du panorama sonore sur les grandes formations, témoignant d’une acoustique saine. La seule limite que j’ai identifiée concerne l’équilibre droite / gauche de l’image sonore avec un léger décalage vers la droite de l’image, étant habitué dans ma pièce à une parfaite symétrie de la pièce je suis sensible à cela, il y a matière à optimisation mais c’est toujours délicat de mettre le doigt sur ce qui permet d’équilibrer l’énergie diffusée par les deux côtés de la pièce pour avoir une image parfaite. Quoi qu’il en soit cela ne pose pas une limite sur la résolution perceptible, c’est à dire que la pièce n’interfère pas négativement avec la musique, ce qui en fait un lieu d’écoute et de jugement appréciable.
Les électroniques peaufinées par Emmanuel sont taillées pour donner vie, finesse et richesse aux Zelda, tout commes elles s’avèrent assez rigoureuses, neutres pour ne pas colorer la restitution, elles sont au service de la musique, que ce soit la platine vinyle, le préampli ou les blocs Jolida push pull de 211. Je ne connais pas bien ce tube mais je suis très agréablement surpris par ce que j’entends, ces blocs donnent de l’ampleur, de l’énergie mais sans projeter, ils habitent et dessinent les panoramas musicaux dans l’espace avec les Zelda, le partenariat est excellent, les enregistrement et source sont fidèlement restitués sans pousser dans le tuyau, c’est droit, plus droit que bien des amplis totor qui souvent sont plus secs pour les mauvais, donnant plus d’énergie en premier plan sonore au détriment de la profondeur, ou à l’inverse plus chauds et ronds, non là on a une énergie folle mais jamais en avant, toujours en respectant les plus petites informations musicales, le côté modulé de la musique. La richesse perçue trahit l’absence de tubes actuels sur le chemin du signal à mon humble avis, tant en préamplification qu’en puissance Emmanuel utilise des merveilles NOS donnant une transparence qui peut souvent échapper aux fabrications contemporaines, c’est loin d’être un hasard. Ce ne sont pas non plus des amplis suaves outre mesure, on peut probablement faire un peu plus vecteur d’émotion, plus « pur », mais leur faisceau de qualités est tel qu’on ne peut rien leur reprocher.
Également agréablement surpris par le Volta en source démat, Emmanuel y a mis son grain de condo NOS en sortie pour le rendre plus naturel donc je ne l’aurai pas entendu dans sa livrée constructeur, mais là il est taillé pour donner la bonne gradation dans l’énergie de la musique, posé, subtile, sensible, et sans montrer une artificialisation de la restitution côté réseau même sans optimisation lourde de ce côté, il m’est apparu comme un maillon non limitant outre mesure, assez respectueux de la musique pour ne pas se poser de questions. Ainsi optimisé par EBM c’est une valeur sûre. Il suffit d’écouter un bon vinyle sur cette installation pour comprendre pourquoi le Volta modifié est intéressant tant il s’en rapproche, pas dans un côté coloré mais bien dans un côté finement résolu sur la modulation de la musique, avec un côté analogique naturel qui rapproche de la musique.
Les Zelda sont vraiment très expressives et directes sur ce qu’on leur donne à manger, de vrais outils de jugement matériel autant que de superbes partenaires pour vivre la musique. Avec les blocs très expressifs on retrouve la logique de conception des câbles EBM que j’avais noté chez moi, ils ne visent pas à tendre la restitution et lui donner vie mais bien à la détendre, l’affiner, pour mettre la microdynamique et douceur en tête alors que ampli et enceinte font l’énergie, l’expressivité, et la source fait la subtilité, le rendu analogique. Il n’est pas rare que l’on fasse l’inverse avec d’autres électroniques et enceintes, avec des cablages plus dynamiques pour donner vie à l’ensemble (comme mes câbles Ypsilon), mais cela peut se faire au détriment des plus petites informations de texture musicale qui peuvent être éteintes, comme un petit ampli triode perd ses qualités sur une enceinte trop poussive, il n’y a pas de hasard dans la logique d’ensemble EBM, mais une cohérence venue de l’écoute et des choix côté conception des enceintes. La Zelda n’est pas une enceinte facile, elle ne demande pas de haute puissance mais une haute résolution, richesse des électroniques, éviter tout ce qui peut étouffer la musique ou l’artificialiser, un simple condo sur un étage de sortie ou alim peut suffir à casser ce qui est recherché, la bonne dose d’énergie au bon moment pour faire vivre la musique dans ce qu’elle a de plus viscéral, non pas pour balancer la purée, mais pour les sons les plus subtiles qui font qu’on est au plus proche du chanteur, de son instrument, de sa gestuelle et technique de jeu unique qui est souvent lissée sur les autres systèmes, plus tassée micro-dynamiquement, filtrée.
Un essai du Wiim Amp Ultra sur les Zelda a montré exactement le caractère de l’appareil à mon humble avis, alors que paradoxalement on aura des résultats moins discriminants ou plus caricaturaux dans d’autres situations. Le rendu est plutôt posé, équilibré, doux, le grave assez rond. Les Zelda montrent l’équilibre réel de l’appareil tout en un, tout en montrant ses limites de richesse, vie, subtilité.
La source de mon second système ayant rendu l’âme (ancien Logitech Transporter modifié Modwright), j’ai acquis en seconde main un dac1 référence Lab12, dac NOS utilisant 4 puces Philips 1543 par canal, avec un étage de sortie à tubes 6922 électro harmonix. J’ai vite viré ces tubes horribles qui n’ont rien à faire en audio pour des e188cc NOS d’origine Philips, beaucoup moins colorés, beaucoup plus respectueux de la musique. L’entrée usb à la bonne idée d’être alimentée par le dac, ce qui fait que l’on peut utiliser la sortie usb du Wiim avec mon câble usb Jcat ne passant que le signal sans l’alim. A la place du Volta on entend toutes les qualités et limites de ce dac c’est incroyablement éclairant de vérité, l’on entend tout de suite que l’ensemble est cohérent et musical, que l’étage de sortie est réussi et laisse passer la musique de façon analogique, que l’entrée usb est très correcte, et ce que fait l’étage de conversion, le côté fort en courant, dynamique des puces TDA1543 mises en parallèle, la limite de variété tonale et subtilité de ces puces mais un tout qui ne simplifie pas la restitution là où ça compte pour le plaisir musical et la différenciation entre enregistrements, on perd en variété tonale, subtilité, mais pas en plaisir, vie et équilibre, on a même un petit plus de suavité naturelle face au Volta, qui cependant gagne sur le reste de par une plage dynamique, subtilité et variété tonale d’une autre gamme. Les Zelda montrent tout cela de la plus belle façon, sans artificialisation, elles passent l’émotion dont la source est capable, tout en montrant sans trituration ses limites.
Un essai de mon petit single end d’el84 à la place des blocs Jolida, 3 ou 4 watts, montre la cohérence des enceintes face à une restitution simple. On sent tout de suite que sa cohérence est là mais que le montage n’offre pas la maîtrise, résolution dont les enceintes sont capables. Un cable secteur plus « tendu » que l’EBM , ainsi qu’un tube d’entrée donnant un peu plus de gain et de résolution, redonnent au petit de la tension qu’il faut pour un message plus lisible, mais l’on a pas la résolution et différenciation, faible diaphonie des blocs mono. Le petit se débrouille mieux sur mes Living Voice en terme de facilité côté enceintes, tout comme cela montre la différence de tempérament entre Zelda et OBX d’ailleurs, les Living Voice sont faciles, légères, bien filtrées pour être bien timbrées, les Zelda sont plus discrinimantes, résolues, pointues, directes, elles demandent plus , pour donner plus. Les deux sont au service d’un rapprochement à la musique pour le plaisir, la Living Voice n’est pas une enceinte large bande et ne propose pas le même niveau d’expressivité, de subtilité, ni le même niveau de criticité dans la mise en œuvre je pense. Possible que mon Cayin 500 eut été intéressant à essayer sùr les Zelda. Elles aiment le tube pas de doute, pour sa faculté à donner de la profondeur, subtilité dynamique, modulation.
Au final je dirais que ce fut un plaisir de redécouvrir certaines pistes de ma playlist sur l’ensemble Volta Jolida par EBM Zelda, le niveau de subtilité obtenu par cet ensemble dont la Zelda est le cœur mais pas seule, de mise en valeur de la modulation musicale, des plus petites informations qui font qu’on l’on a la sensation d’écouter un grain, intonations de voix qui confine à l’intimité avec l’artiste, une façon de toucher, frotter les cordes d’une guitare qui confine à l’art du jeu plutôt qu’au son de la guitare, un mouvement de l’air dans la pièce qui permet de mettre chaque son d’ambiance sonore de l’enregistrement dans l’ambiance du lieu de prise de son, avec la bonne sensation d’implication, de naturel, de « j’y suis »… quand les enregistrements donnent cela c’est prenant.
Choisir les Zelda c’est un peu choisir un point de départ autour duquel construire ce tout, la Zelda n’est pas une fin en soi qui donnera son jus aussi facilement qu’une paire de LS3/5 c’est évident, et duo Zelda / amplification est la base de cette réussite, la source si assez analogique peut sembler moins critique pour le plaisir final (ce qui n’est pas si commun non plus, facile d’artificialiser l’écoute de ce côté par un rendu trop tendu ou froid). L’écoute des Zelda sur les Jolida permet de se fixer les idées sur ce qu’on peut obtenir, où sont les points critiques sur lesquels ne pas se louper ensuite si on les adopte. Il y a des enceintes plus faciles qui en donneront moins mais avec plus de facilité, mais il y a de très belles choses musicales à explorer avec elles.
La hifi est femme. Imparfaite par nature, on la choisit pour ce qu'elle a, pas pour ce qu'elle dit avoir. Mais si on voit ses défauts avant ses qualités, on est pas fait pour en avoir une, mieux vaut se soulager sous la douche, en écoutant la radio.
Playlist: https://open.qobuz.com/playlist/8796875
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Quand j’ai posé la question à l’importateur Kondo de ce qui pour lui pourrait donner le résultat de cables Kondo sans coûter le prix des Kondo parce quoi qu’on en dise on ne les achète pas pour leur nom mais pour leur prestation… il ne m’a plus répondu 
