(05-25-2026, 09:16 PM)Lapinou a écrit : [...] à 16 minutes 55, il aborde la post-production de ses enregistrements, et là, pour moi, un mythe s'effondre !
[...] ce qui est montré ici [pour la post-production de l’enregistrement: les montages d'extraits tirés de plusieurs prises différentes, dont on "assemble" les meilleurs morceaux, point de vue interprétation] me choque énormément, moi qui croyais qu'il s"agissait essentiellement... d'enregistrer un orchestre jouant une oeuvre !
Cette pratique du "montage" est courante, et ancienne.
Elle a été réalisée pour la 1ère fois en 1956 pour un enregistrement de Bach interprété par Glenn Gould. Ça posait d'ailleurs à Glenn Gould un cas de conscience ("a-t-on le
droit de faire ça?"), qui l'a amené à réfléchir sur la question en profondeur. Cette réflexion l'a amené à écrire un essai, The Prospects of Recording, publié dans la revue High-Fidelity dans les années '60.
Il y a 25 ans, j'avais visité un studio où j'étais assis à côté de l'ingé son qui faisait le montage. Il m'explique qu'il peut assembler les extraits de différentes prises, même nombreuses, et pour le "fondu-enchaîné" du raccord, les courbes logarithmiques du logiciel assurent que le procédé est inaudible. Il me dit: "Pierre Hantaï [claveciniste] par exemple, peut même me demander une césure en plein milieu d'une double croche". Et le raccord est inaudible.
Dans le documentaire sur Klaus Mäkelä, il semble que les softwares sont aujourd'hui capables d'aller (encore) plus loin. Et c'est vrai qu'on crée ainsi un objet d'une "perfection" presque irréelle, le disque. (Ce qui n'empêchent toujours pas certains disque de se faire dézinguer par la critique, donc la "perfection" ainsi atteinte est finalement très relative.)
Peut-être. Mais,
in fine, oui, c'est toujours bien "d'enregistrer un orchestre jouant une oeuvre" dont il s'agit.
Et le son provenant des différentes prises est bien celui qui provient d'instruments
acoustiques.
(05-25-2026, 09:16 PM)Lapinou a écrit : [...]pour moi, un mythe s'effondre !
Je crois comprendre que le mythe dont tu parles n'est pas K. Mäkelä, car il n'est pas (encore?) un mythe.
Mais pour l'avoir entendu trois fois en concert ces deux dernières saisons (dont un avec le Concertgebouw d'Amsterdam), je crois pouvoir dire que c'est quelque chose de spécial, et sans doute de particulièrement prometteur.