(10-03-2016, 01:48 PM)bbill a écrit : la partition ne dit pas toujours tout.. et puis il y a les opportunités du moment comme la composition de l'orchestre, les instruments d'époque ou non, la qualité des musiciens, etc.. hier soir, à l'écoute de différentes versions connues de la 5°, la notion d'interprétation a trouvé son sens.. j'imagine que tous essayent de transcender l'oeuvre
Vous avez quelque part tous les trois raison : vos trois raisonnements ont eu leur place à travers les siècles.
De la performance à l'herméneutique...
Dans ce très bon texte touffu, est expliqué comment on est passé de ce qu'on appelait "l'exécution musicale" à "l'interprétation musicale" : On y parle pas mal des interprétations de Beethoven
http://larevue.conservatoiredeparis.fr/i...hp?id=1082
Notamment Wartel qui dans son traité de 1865 est face aux mêmes questionnements que nous tous et que des milliers d'auditeurs ou d'interprètes de Beethoven avant nous :
En parlant des symphonies de Beethoven :
Citation :« Il est difficile aujourd’hui, bien que nous en croyions en France, de retrouver les traditions du maître, pour ce qui est des intentions et des mouvements : chacun dit avoir les vraies, et toutes sont contradictoires.
Mais il est un fait qui renferme tout :
Ce vaste génie aimait laisser faire à l’exécutant. Il comprenait la place que devait tenir sa propre création.
Il n’aimait pas les signes marqués, qu’il trouvait vagues et insuffisants, et avait les chiffres du métronome en horreur (Lenz, Schindler, tous l’affirment).
Celui qui comprend, disait-il, n’en a pas besoin ; celui qui ne comprend pas, n’apprend rien par là. »
...
Citation :La rhétorique est définitivement enterrée : l’heure est à la linguistique (qu’elle soit ou non structurale) et à l’herméneutique. Dommel-Diény cite Wilhelm Furtwängler parlant de l’œuvre comme d’une « chose notée – signes fixes et forme immuable – dont il faut après coup déchiffrer le sens et deviner l’énigme, afin de pénétrer jusqu’à l’œuvre elle-même, qu’il s’agit ensuite de faire revivre. »57 L’analyse harmonique est dès lors l’affaire de tous.
L’analyse formelle l’était déjà depuis plus d’un siècle. Dès les années 1830, elle avait envahi les comptes rendus de concert et finit par prospérer en brochures dans les dernières années du siècle : les guides d’écoute58. Lorsqu’il organise des concerts à Paris à la fin du siècle dans la salle qu’il venait de faire bâtir (1892-1896), Eugène d’Harcourt accompagne ces manifestations d’une série de publications consacrées aux symphonies de Beethoven à l’affiche pendant plusieurs semaines. Le texte fournit des repères notés et découpe le continnum musical afin de donner aux auditeurs le plus de prises auditives possibles.
![[Image: vDossier_Campos_17a.jpg]](http://larevue.conservatoiredeparis.fr/docannexe/image/1164/vDossier_Campos_17a.jpg)