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Jonathan Sterne et "Une histoire de la modernité sonore".
#1
Voilà un livre qui fait couler beaucoup d'encre dans le monde universitaire. Qu'en dire? Il y a un postulat totalement faux et plus que contestable qui sous-tend tout le travail ( hyper-documenté, j'avoue...) de Sterne: La reproduction sonore est une imitation de la réalité sonore. On est là dans la platitude morbide du platonisme le plus ennuyeux! Oui... Platon considérait que les sculpteurs imitaient ce qu'ils représentaient. Que les peintres imitaient ce qui serait bien plus tard la photographie! Bref, aucune subjectivité, aucune création artistique n'était possible pour Platon qui n'en avait pas le "concept".
Et bien, pour le Sieur Sterne, c'est exactement pareil: Toutes ces analyses sont faussées depuis un postulat totalement imbécile. Si j'écoute la messe en Si de Bach sur mon système Audio, j'écoute, selon lui,  une imitation de la messe en Si de Bach. Avouez que c'est une vue très courte!
Néanmoins, je recommande cet ouvrage depuis certaines analyses qu'il faut extraire de la "logique" du bonhomme: Sa vision de l'écoute comme articulation de la science avec la faculté de raison et des rationalités sont assez intéressantes. Bref, si le lecteur parvient à extraire de la dynamique ( foireuse) de l'ouvrage des petits schémas synthétiques pour penser "notre" discipline, il ne pourra que faire un chemin réjouissant. Ainsi, son paragraphe intitulé "l'artifice de l'authenticité" ou sur "l'esthétique fonctionnelle " comporte des regards assez intéressants. Un ouvrage de référence sur le son que je n'aime pas mais qui devient incontournable. Donc, je vous en fait part! Bon courage à ceux qui s'y aventurent.
1: Klipsch La Scala sur tables basses chêne massif/ Artec ARTP 50ES/ Sources: Revox B226/ Rega RP3+/prépré rega/ câbles Inakustik, Cardas et Kimber/ barette Inakustik/Meuble Spectral.
2: Martin Logan Sequel/ Ampli 300B et 805/préampli tube DIY/ sources: CEC 891r/ technics slb 21/Marantz st 64.
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#2
Salut Lawrence
  Je n'ai pas lu le livre mais connaissant un peu l'acoustique et l'appareil auditif , on peut dire sans interprétation qu'il y a une sorte d'illusion dans un enregistrement sonore simplement à cause de la physiologie humaine.
  Disons que ce qu'on entend en direct est une interprétation , l'humain est conçu de façon à survivre, à se défendre en milieu hostile , ses sens sont développés d'une certaine façon pour y arriver. L'essentiel est de reconnaitre des sons, des directions, des distances et recevoir un message compréhensible même en milieu perturbé ( résonances , bruit ambiant...)
Pour arriver à ça le cerveau corrige , trie, il supprime des réverberations pour améliorer la reception...
Lorsque que l'on met 2 micros dans un milieu réverberant (une simple pièce) tout en écoutant au casque on s'en rend bien compte , si une personne parle à bonne distance , le son est très réverbéré , la parole est en partie masquée. Si on enlève le casque , la parole redevient bien intelligible. Ce n'est pas le micro qui ment , c'est le cerveau qui a corrigé.
  Il en est de même lors d'un enregistrement musical dans une salle , donc il faut interpréter pour coller au plus près à ce qu'entend l'être humain, pas à la réalité.  Pour ce faire on approche les micros plus près que le point qu'on trouverait idéal  à l'écoute en direct et ça se rapproche du but. Mais ça demande un peu d'habitude et un sens de la transposition. ca demande donc un travail du preneur de son et aussi au technicien du son en studio , pour recoller à une interprétation humaine de la réalité. Ce n'est pas un mensonge intentionnel, c'est une intention de fidelité à ce qu'on a l'habitude d'entendre.
En fait même en photo ça existe , notre oeil n'a pas le même sens du contraste que la pellicule ou le capteur , c'est surtout vrai en noir et blanc argentique , les contrastes sont augmentés par la pellicule , il faut se représenter ce que ça donnera une fois développé et tiré sur papier. Soit on accepte les effets de contraste pour une intention graphique , soit on corrige à la prise de vue ou on éclaire pour compenser .
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#3
moi j’aime bien quand lamouette parle de sterne ...
 source vinyle VPI Classic 2 , Alimentation SDS, MC  Transfiguration Proteus, pré Sutherland 20/20, modulation Transparent Supra
source CD , NaimCDS 3/Xps - Hiline 
Naim 282/Hicap DR/300
tuner Cyrus , antenne Fanfare
Enceintes Sonus faber Olympica 3 - Transparent HP
... 2 lignes dédiées et Furutech.
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#4
J'aime bien ta blague vynilmaniac , tant pis si ça n'est pas juste, je ne parle pas de Sterne mais plutôt des avis de Lawrence, je n'ai pas lu Sterne mais je vais le faire.
J'ai oublié une petite conclusion personnelle en réponse à la réflexion de Lawrence par rapport aux écrits de Sterne.
Finalement le preneur de son et les techniciens ne font pas qu’imiter, ils interprètent aussi pour restituer au mieux une intention artistique.
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#5
Bonjour!
Tout à fait Lamouette, j'ai lu de nombreux articles expliquant la reformulation du son perçu par le cerveau qui est quasiment un organe de recomposition de l'évènement sonore. Ainsi je me souviens d'une expérience surprenante qui m'avait marqué: Des chercheurs avaient enregistré un discours en Français, puis en Anglais et en Hongrois. Puis ils l'avaient recouverts, pour ne pas dire noyés, par un "bruit rose". Le résultat obtenu, écouté par des français de langue maternelle et ayant des bases en anglais étaient étonnants: les auditeurs parvenaient à entendre et finalement comprendre le texte enregistré en français, ils avaient vaguement entendu un discours inintelligible en anglais, ils n'avaient entendu que le bruit rose sur l'enregistrement du hongrois. Pourtant, les trois textes étaient enregistrés au même niveau de référence par rapport au bruit rose... Comme quoi, nous écoutons des phénomènes en grande partie reconstruits pas le cerveau!
Par contre, venant de terminer le livre de Milner, il est clair que l'ingénieur du son interprète... Mais en tant que réalisant un enregistrement, il se doit de produire une retranscription et non une imitation. Ce dernier terme me semble bien restrictif!
1: Klipsch La Scala sur tables basses chêne massif/ Artec ARTP 50ES/ Sources: Revox B226/ Rega RP3+/prépré rega/ câbles Inakustik, Cardas et Kimber/ barette Inakustik/Meuble Spectral.
2: Martin Logan Sequel/ Ampli 300B et 805/préampli tube DIY/ sources: CEC 891r/ technics slb 21/Marantz st 64.
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#6
(02-17-2018, 05:13 PM)Lawrence a écrit : Bonjour!
Tout à fait Lamouette, j'ai lu de nombreux articles expliquant la reformulation du son perçu par le cerveau qui est quasiment un organe de recomposition de l'évènement sonore. Ainsi je me souviens d'une expérience surprenante qui m'avait marqué: Des chercheurs avaient enregistrés un discours en Français, puis en Anglais et en Hongrois. Puis ils l'avaient recouverts, pour ne pas dire noyés, par un "bruit rose". Le résultat obtenu, écouté par des français de langue maternelle et ayant des bases en anglais étaient étonnants: les auditeurs parvenaient à entendre et finalement comprendre le texte enregistré en français, ils avaient vaguement entendu un discours inintelligible en anglais, ils n'avaient entendu que le bruit rose sur l'enregistrement du hongrois. Pourtant, les trois textes étaient enregistrés au même niveau de référence par rapport au bruit rose... Comme quoi, nous écoutons des phénomènes en grande partie reconstruits pas le cerveau!
Par contre, venant de terminer le livre de Milner, il est clair que l'ingénieur du son interprète... Mais en tant que réalisant un enregistrement, il se doit de réaliser une retranscription et non une imitation. Ce dernier terme me semble bien restrictif!

D'accord avec vous deux, le cerveau fait le boulot.
J'ai l'exemple d'un ami qui jouait de la guitare en autodidacte et qui a pris des cours d'harmonie dans lesquels il a approfondi l'harmonie, construit les accords plus complexes que mi la si; à partir de ce moment-là il entendait plus d'accords en relevant des morceaux à l'oreille que précédemment.

D'autre part pour la vision c'est pareil, on retrouve dans les nuages les formes qu'on connait.
J'avais lu un récit d'anthropologue qui racontait que la première fois que les membres d'une tribu reculée sans aucun contact avec notre civilisation avaient vu une photo, ils n'y voyaient rien d'autre que des taches de couleur sans aucun sens - ce qui n'a pas duré bien sûr.

jean
Enceintes : Onken-Altec 416/Iwata-JBL2445  Be/ T925 ; Tannoy K3838 ; ATC scm11 ;  Comète
Amplis : Accuphase P102 ; Forté 4A ; 1A, ;  Arpège Ref 10, Atoll AM80, Hiraga 8W ; FX802; MCR 510
Préamplis : Perreaux EP ; Tact RCS 2.2X ; Mytek 192 DSD-DAC Preamp
Platines : Thorens TD160 bras Lurné ;  TD 165 ; V15 V, DL103, pré pré Hiraga ; pré ADL GT40
Magnétos : K7 nakamich BX2, TEAC 3340, 2300 ; Sony TC377 ;  minidisc Sony MDS JE500

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#7
retranscription, voilà le terme qui me parait parfaitement adéquat. Il y aussi une notion de traduction en préalable, le message capté par la "machine" n'est pas prêt à être entendu tel quel .
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