Bonjour
Quelques considérations sur la façon d’écrire concrètement la musique et où Schubert est à la fois précurseur mais parfois aussi archaïque.
Pour Bach, on n’a que les notes. Aucune indication de dynamique, de phrasé etc.
Illustré par Bernstein, c’est en anglais, désolé.
Et puis sont apparus au 18ème siècle, entre autres, les signes < ou Cresc(endo) (augmentation du volume sonore) et > ou Decresc(endo) ou Dim(inuendo) (diminution du volume sonore). < et > sont dénommés « hairpins » en anglais (épingles à cheveux).
Mais sans tout visionner, écoutez à 10:05 Rachmaninov jouant lui même une de ses études et où une première fois il y a < et juste après « dim < »
Diminuer le volume sonore en l’augmentant
Entre le 18ème siècle et Rachmaninov, il y a eu un changement de signification de < et > qui se mettent non plus à concerner la dynamique mais le Tempo, une sorte de Rubato écrit par le compositeur, < signifiant ralentir et > signifiant accélérer pour reprendre le Tempo.
Et bien, c’est sans doute Schubert le premier qui s’est mis à employer ces symboles avec cette signification.
Il y a énormément d’exemples (par exemple Impromptu 1 D899) où sur la même phrase Schubert écrit < > puis < cresc >.
Le premier concerne alors forcément le tempo. Pour le second, démerdez-vous! Juste dynamique ou dynamique et Tempo?
Ce n’est que dans les années 1980 que le pianiste Walter Gieseking a mis cela en lumière avec l’effet d’un pavé dans la mare.
Chez Brahms et Chopin, même évolution de l’écriture, avec énormément de contresens encore aujourd’hui.
Rajoutez pour Schubert un emploi très fréquent de > au dessus de certaines notes, mais de taille très différentes (qui ne sont pas reproduites par les éditeurs) dont la signification dépend du contexte, en plus de . ou de ´ au dessus de certaines notes, un piano très différent des instruments actuels, et cela rajoute encore à la difficulté « d’apprendre » Schubert.
Enfin, pour cet andantino qui m’occupe à quasi temps plein…
Dans la première partie, il y a des « petites » notes, écrites parfois en triple croche parfois en double croche. Je ne connais qu’un seul interprète qui respecte cela: Jean Claude Pannetier.
C’est sur Qobuz, mais pas de YouTube. Vous devriez pouvoir entendre la différence avec tous les autres interprètes. J’ai personnellement adopté cette lecture/interprétation en me demandant comment Brendel, Lupu ou Pollini sont passés à côté.
https://open.qobuz.com/track/2277728
Par contre, TOUS les interprètes doublent le tempo aux 2/3 de la partie centrale. Pour le moment, je ne comprends pas, sachant que Schubert crée le chaos dans cette partie avec des 2 notes par temps, 3 notes, 4 notes, 6 notes et 8 notes de manière qui peut sembler aléatoire (?).
Tout cela pour m’amener à penser qu’une œuvre musicale n’a pas vraiment d’existence « absolue » tellement il y a de lectures (et de connaissances) possibles.
Et aussi parce que nous n’avons pas « d’auditeurs d’époque ». Ecoute-t-on de la même manière en ayant écouté Chopin, Rachmaninov, Ravel ou Queen?
Quelques considérations sur la façon d’écrire concrètement la musique et où Schubert est à la fois précurseur mais parfois aussi archaïque.
Pour Bach, on n’a que les notes. Aucune indication de dynamique, de phrasé etc.
Illustré par Bernstein, c’est en anglais, désolé.
Et puis sont apparus au 18ème siècle, entre autres, les signes < ou Cresc(endo) (augmentation du volume sonore) et > ou Decresc(endo) ou Dim(inuendo) (diminution du volume sonore). < et > sont dénommés « hairpins » en anglais (épingles à cheveux).
Mais sans tout visionner, écoutez à 10:05 Rachmaninov jouant lui même une de ses études et où une première fois il y a < et juste après « dim < »
Diminuer le volume sonore en l’augmentant

Entre le 18ème siècle et Rachmaninov, il y a eu un changement de signification de < et > qui se mettent non plus à concerner la dynamique mais le Tempo, une sorte de Rubato écrit par le compositeur, < signifiant ralentir et > signifiant accélérer pour reprendre le Tempo.
Et bien, c’est sans doute Schubert le premier qui s’est mis à employer ces symboles avec cette signification.
Il y a énormément d’exemples (par exemple Impromptu 1 D899) où sur la même phrase Schubert écrit < > puis < cresc >.
Le premier concerne alors forcément le tempo. Pour le second, démerdez-vous! Juste dynamique ou dynamique et Tempo?
Ce n’est que dans les années 1980 que le pianiste Walter Gieseking a mis cela en lumière avec l’effet d’un pavé dans la mare.
Chez Brahms et Chopin, même évolution de l’écriture, avec énormément de contresens encore aujourd’hui.
Rajoutez pour Schubert un emploi très fréquent de > au dessus de certaines notes, mais de taille très différentes (qui ne sont pas reproduites par les éditeurs) dont la signification dépend du contexte, en plus de . ou de ´ au dessus de certaines notes, un piano très différent des instruments actuels, et cela rajoute encore à la difficulté « d’apprendre » Schubert.
Enfin, pour cet andantino qui m’occupe à quasi temps plein…
Dans la première partie, il y a des « petites » notes, écrites parfois en triple croche parfois en double croche. Je ne connais qu’un seul interprète qui respecte cela: Jean Claude Pannetier.
C’est sur Qobuz, mais pas de YouTube. Vous devriez pouvoir entendre la différence avec tous les autres interprètes. J’ai personnellement adopté cette lecture/interprétation en me demandant comment Brendel, Lupu ou Pollini sont passés à côté.
https://open.qobuz.com/track/2277728
Par contre, TOUS les interprètes doublent le tempo aux 2/3 de la partie centrale. Pour le moment, je ne comprends pas, sachant que Schubert crée le chaos dans cette partie avec des 2 notes par temps, 3 notes, 4 notes, 6 notes et 8 notes de manière qui peut sembler aléatoire (?).
Tout cela pour m’amener à penser qu’une œuvre musicale n’a pas vraiment d’existence « absolue » tellement il y a de lectures (et de connaissances) possibles.
Et aussi parce que nous n’avons pas « d’auditeurs d’époque ». Ecoute-t-on de la même manière en ayant écouté Chopin, Rachmaninov, Ravel ou Queen?
