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Version complète : Enceintes DIY Jalucine 24
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Un peu d'occupation pour les bricoleurs :

Retour aux origines, avec un peu de mise à jour :



Après un peu plus de 9 mois d'une gestation assez douloureuse, voici enfin l'enceinte DIY "Jalucine"  spéciale pour l'ampli Devialet et son entrée "AIR".

Les motivations :
1) Cela m'amuse de concevoir et réaliser des instruments acoustiques. J'avais une vocation de luthier qui est restée lettre morte;
2) Ces enceintes sont destinées à mon salon familial où mes colonnes sans démériter, me semble susceptibles d'être remplacées par mieux (Ah, Ah, la quête éternelle du Graal), même si plusieurs professionnels, pour situer la base de départ, les trouvaient particulièrement réussies, dont David Blecher de Presence Audio Conseil et  Alain Carvo de Staccato Nantes qui avouait ne pas connaître d'équivalent sur le marché;
3) je me rappelle mes premières années de passionné, où je construisais des enceintes avec des HPs Supravox, déjà du haut-rendement, début d'un long apprentissage de l'acoustique, et si le modèle que je propose ici peut servir aux jeunes passionnés de musique d'atteindre un haut niveau de reproduction aux frais d'une fabrication personnelle, ce sera avec plaisir.

Le cahier des charges
1) l'enceinte est optimisée pour fonctionner avec le Devialet, source Mac-iTunes-Wave-AIR, et si possible PS Audio P10 sur le secteur. Sa réponse ne cherche pas à être linéaire aux mesures (en chambre sourde !), mais à rendre les timbres crédibles par un réglage déjà évoqué dans ces pages, c'est-à-dire descendant entre 1000 et 10000 Hz, régulièrement, d'environ 6 Db, seul moyen sur un système très transparent et défini de ne pas paraître "surdéfini et désincarné";
2) Fonctionner dans une pièce de dimensions moyennes de 20 à 40 mètres carrés;
3) le niveau qualitatif visé est le meilleur possible sans compromis sur les haut-parleurs ou le filtre, avec les seules limitations qui suivent :
3) WAF encore acceptable, donc aspect élégant, sans encombrement excessif, et pas obligé d'être placé au milieu de la pièce pour bien fonctionner, donc on part sur une colonne étudiée pour marcher contre un mur;
4) faire avec des composants et notamment les HPs, disponibles à l'unité;

Objectif acoustique visé :  non seulement le plus de qualité mais pour y arriver le moins de défauts possibles !  On peut considérer cela comme une Lapalissade mais cela marche pour les enceintes. Même si vous avez pris les meilleurs haut-parleurs du monde, ce sont les problèmes annexes qui vont faire la différence. Les résonances internes, les vibrations parasites, les rotations de phase, le trainage, etc…, vont faire perdre en transparence, donc en perception des micro-informations, donc en informations de spacialisation, de détails de présence, et à mon avis, cela ne se rattrape pas simplement par un super-tweeter. 
L'objectif "subjectif" serait d'obtenir une image aussi bien qu'une LEEDH, une pêche dans le bas médium comme une TAD, une transparence comme une Apogee, une Wisdom ou une Lingsdorf, une micro et une macro-dynamique comme une Everest 66000 bien alimentée (c'est rare, d'accord) ou d'autres rivales à pavillon, une neutralité globale comme une Wilson audio ou une Goldmund, des timbres aussi bien qu'une Louvet ou une Apertura, Le tout dans la même boite. C'est peut-être utopique, mais tant qu'à se décarcasser, il faut placer la barre le plus haut possible, à la mesure de notre passion, même si le risque de plantage n'est pas négligeable, autrement c'est même pas drôle !

Conception :  Le point de départ était d'utiliser le "Air Motion Transformer" (ATM), du Dr Heil, fabriqué aux Etats Unis par ESS. Ce HP utilisable de 1 à 20 Khz, m'a toujours séduit à chaque fois que j'ai pu l'écouter, mais pas toujours en bonnes relations avec les boomers utilisés. Néanmoins son principe de fonctionnement (membrane plissée en accordéon), n'a pas de résonance propre comme les HPs à dôme ou à cône et permet de retranscrire une large bande passante sans rupture par un filtre dans une zone de grande sensibilité de l'oreille. De plus son impédance constante à 6 ohms le rend plus facile à filtrer, et ses performances aux mesures en linéarité dans l'axe et à 30 degrés, comme sa réponse impulsionnelle,  sont exceptionnelles, pour ne pas dire incomparables et imbattues depuis (sauf peut-être les HPs à plasma), et ceci pour faire un petit encart technique et objectif.

Le Waf impose une forme de colonne assez fine, par exemple des dimensions maximum de 1.25m de haut, 50 cm de profondeur et une face avant la plus étroite possible pour recevoir les haut-parleurs.
Pour avoir des volumes de charge suffisant pour une qualité élevée, une forme trapézoïdale en plan, grande largeur à l'arrière, est souhaitable. Cela a pour second avantage de réduire les résonances et d'améliorer l'efficacité des évents placés en face arrière. La face avant étroite a pour troisième avantage de réduire les effets de bord et d'améliorer la diffusion latérale du son. La profondeur de 50 cm éloigne suffisamment du mur pour limiter l'effet de celui-ci sur la répartition spatiale pour la plus grande partie du spectre. Un arrondi des bords verticaux avant permet également de réduire l'effet de bord, soit la cassure des ondes sur l'angle, le tourbillonnage et la perte de cohérence dans l'émission qui s'ensuit.

Le filtre : Les pentes du filtre sont de 6 décibels par octave. J'ai essayé 12, 18, 24. Je n'ai jamais réussi à faire correctement marcher les enceintes au delà de 6 db/octave, question cohérence des timbres. Cela a une conséquence : les haut-parleurs travaillent "ensemble" sur des bandes de fréquences étendues, leurs qualités au delà des spectres d'usage à plein est donc importante. Un boomer coupé à 1000Hz doit encore être très bon à 3000. Les possibilités de réglages de l'équilibre de l'enceinte par le filtre sont pour moi un élément essentiel. Car cela permet de régler l'ensemble du système sans inconvénient majeur, sans perturber la phase, sans rajouter d'éléments susceptibles d'entrainer une perte de transparence, de définition, de phase,  et à un coût inutile par dessus le marché. Mes précédentes enceintes se réglaient au niveau du médium et de l'aigu en jouant sur la valeur des condensateurs des filtres passe-haut, et des résistances série du médium. Pour les nouvelles, il faut jouer sur les selfs des boomers et des celles des médium-graves, et sur les évents. C'est moins pratique, mais tout aussi efficace. Suivant l'acoustique du lieu, la source et les câbles utilisés et ses goûts personnels, on peut régler haut-médium, médium, bas-médium, haut grave, grave et extrême-grave. Les valeurs de base sont données sur le schéma, telles qu'elles sont après mes réglages dans mon contexte. Le condensateur en série avec l'AMT est également modifiable. Vous constaterez que le filtre creuse la zone 600 à 1800 Hz. Il ne faut pas hésiter à tester différentes valeurs pour trouver le meilleur équilibre chez vous. Les pentes étant à 6 db/octave, les résultats se font en douceur. Il faut aussi disposer de jeux de selfs de valeurs différentes en inductance et résistance, c'est-à-dire en fil de diamètres différents pour chaque valeur d'inductance. On peut partir sur les valeurs que j'ai testé et s'il y a besoin de par exemple baisser le niveau de grave, acheter des selfs en fil plus petit. Passer de selfs en fil de 1, 2 ou 3 mm de diamètre a un effet "monstrueux". Le réglage des évents en épaisseur pour ceux du SEAS, et en obturant plus ou moins par des rouleaux de feutre ceux des PHL, permettent aussi d'optimiser la réponse dans le grave.

Pour reproduire le grave, beaucoup de possibilités existent, en restant dans le cadre d'un bass-reflex sans pavillon de grave. Un grand boomer, plusieurs petits ? En général, la distorsion diminue et la capacité en niveau augmente quand la surface augmente. On ne reproduit pas un piano de concert avec deux 13 cm. Un 17, c'est pareil, deux 17, comme sur mes colonnes de salon précédentes, ou un 21, cela commence à donner un grave suffisamment ample s'ils sont bien chargés, mais on sent quand même bien la limite.  Un 38, c'est la galère pour coupler le médium, deux 33, c'est un peu moins la galère mais pas évident quand même, deux 24, dans une grande pièce, cela commence à devenir gérable, mais cela fait encore une grosse enceinte pas très élégante. Il nous reste donc la solution des deux boomers de 20-21 cm, d'ailleurs adoptée par beaucoup de constructeurs pour des enceintes haut de gamme.

La disposition des haut-parleurs va jouer sur la régularité des fronts d'onde, des transitoires. Je suis très partisan de placer tous les HPs en face avant, tournés vers l'auditeur, en alignement vertical pour favoriser la dispersion latérale du son la plus cohérente possible. 

L'adaptation a la pièce est un point fondamental : une enceinte doit-elle bien rendre la musique dans une pièce d'habitation, ou dans une chambre sourde ? Vous avez une chambre sourde chez vous ? Evidemment pas ! On se débrouille pour écouter au mieux dans nos pièces d'habitation. Donc l'enceinte idéale dans 99,9% des cas est une enceinte faite pour fonctionner posée sur un sol et placée dos contre un mur. S'il faut l'écarter d'un ou deux mètres du mur ou les planter au milieu du salon pour que cela soit bien, Madame ne va pas être contente. Les mesures d'une enceinte linéaire placée au sol et contre un mur montrent une bosse de 10 db centrée à 70 hz, pour schématiser. On cherchera donc à régler l'enceinte avec un creux de 10 db autour de 70 hz. L'usage de deux boomers différents aide à atteindre cet objectif :  un boomer très musclé donne un grave nerveux et dynamique, mais qui ne descend pas beaucoup, un second capable de résonner très bas mais avec beaucoup moins de rendement, et on rattrape le niveau d'extrême grave par un évent placé près du mur et du plancher, qui jouent alors le rôle d'un pavillon.

Médium ou pas médium ? L'usage du PR17HR37TSM Audax, mon préféré, a donné des résultats intéressants, mais là aussi l'usage d'un HP grave-médium donnait une meilleure homogénéité du bas du spectre en évitant un filtre passe-haut sur la voie médium. Il fallait quand même un HP très dynamique pour être au niveau de l'AMT, et d'un bon rendement pour dépasser celui-ci de plusieurs décibels afin d'obtenir notre courbe descendante.
L'essai des 21 cm PHL a résolu le problème. Utilisables jusqu'à 3000hz pour le 2400, grave et  4000hz pour le 2440, grave-médium,  la transition avec l'ATM devait pouvoir se faire à 6 db/octave pour conserver une bonne phase, autour de 1500hz. Mais ces HPs ont des caractéristiques qui, pour avoir une réponse équilibrée, demandent des volumes de charges très réduits. Et si on place une cloison très proche à l'arrière du HP, on peut être sûr d'avoir des résonances internes qui repassent par la membrane. Il faut donc réaliser une charge arrière type "nautile" pour éviter des retours d'onde arrière. B&W a techniquement raison en ce domaine comme en d'autres. Dans notre cas, le volume de charge va être logé le long des flans de l'enceinte, sur toute la profondeur et diminuant vers l'arrière. Le centre sera occupé par les mass-dampers et les évents en forme de pavillons.

Les vibrations parasites, problème fondamental, sont traitées "à la source". J'avais fait des recherches assez poussées sur ce point. J'en avais même tiré un article dans la revue "L'audiophile" n° 36. Moins de 5% de l'énergie électrique envoyée aux enceintes acoustiques est envoyée sous forme d'ondes sonores directes : leur "production " utile. Tout le reste devient des vibrations parasites transmises aux parois de l'enceintes, au sol, aux meubles supports d'électroniques, et terminent en chaleur et en ondes sonores polluantes, en perturbant l'électronique au passage. L'idée est de séparer le problème de la fixation des haut-parleurs, qui sont solidarisés à un dispositif leur apportant une inertie supplémentaire et une absorption de l'énergie réactionnelle à la mise en mouvement des membranes, et d'autre part l'enceinte elle-même, destinée à traiter l'onde arrière des haut-parleurs. Un découplage est réalisé entre les HPs et l'enceinte par des joints d'étanchéité souples. Le dispositif d'absorption est constitué d'un tube en PVC (d'évacuation), à moitié rempli coté HP de ciment, et de sable pour l'autre moitié. La liaison avec le HP est faite soit par collage epoxy, soit par une traverse dans le tube et des tiges filetées, solution que j'ai retenue provisoirement pour les essais de HPs. Des cales en bois sont intercalées entre le HP et le ciment pour laisser un passage à l'air issu du trou de décompression central du HP au niveau de la ferrite. Les tiges doivent être bien serrées et revérifiées de temps en temps.

La fabrication doit être soignée. Tout ce qui risque de vibrer finit toujours par créer un son parasite : les mauvais collages, les mauvais plaquages, les câbles intérieurs mal disposés. Si vous n'avez pas une certaine habitude à travailler le bois, si vous n'êtes pas bon bricoleur, il vaut mieux s'abstenir, ou faire faire les caisses par un menuisier. Le bois choisi est en médium de 18 mm. Facile à travailler, il facilite la réalisation des prototypes. Il est intrinsèquement amortissant et assez neutre acoustiquement. Mais il n'est pas assez raide et doit être renforcé par un grand nombre de renforts ou de cloisonnements internes. Le plan de construction fait qu'il n'y a aucune surface qui dépasse 20 cm de large sans renforts, et même 10 cm là où la pression est la plus forte. De plus, j'ai doublé par l'extérieur les parois latérales avec de l'isolant phonique (de cloison) en 6mm d'épaisseur sur lequel j'ai collé une plaque de stratifié (Oberflex), sorte de feuille raide incluant un placage de bois. Le système est très efficace pour neutraliser les émissions parasites du coffret sans augmenter considérablement le volume extérieur. Sinon évidemment, on peut utiliser des panneaux plus lourds et plus raides, par exemple en contreplaqué multiplis de hêtre ou des panneaux de bois denses que l'on trouve dans les magasins de bricolage pour réaliser des plans de travail. Et faire une double paroi sablée (2cm au moins avec découplage de la paroi externe (1 cm en médium) par des joints en caoutchouc) pour atteindre l'optimum. Plus les parois d'enceintes sont raides et indéformables, plus le grave est propre, mais plus le médium-aigu est "sale", parce que les fréquences élevées ne sont pas bien amorties par les matériaux très durs (béton, alu, chêne…), ce pourquoi le complément d'une couche de sable devient incontournable. La colle utilisée est une résine epoxy avec une charge de microballons et de microfibres. Pour 30cc de base et 15cc de durcisseur on rajoute environ deux cuillères à soupe bombées de microballons de verre et une cuillère à soupe rase de microfibres. Les zones à coller sont préalablement imprégnées de résine sans charge. Il ne faut pas mégoter sur la quantité de colle pour ne pas risquer de bulles dans les joints. A l'intérieur, les joints de colle peuvent être en "congés", ce qui renforce sensiblement la résistance. Des plaques de marbre sont en taille chez un fournisseur pour constituer un socle et un dessus d'enceinte.

L'amortissant interne est important. J'avais du feutre médical en 15 mm d'épaisseur qui convient bien sur les petits volumes derrière les PHL et en rouleau sur les cotés du tube des SEAS et sur et sous les tubes des PHL dans les évents. L'amortissant mentionné est moins dense, donc on doit le tasser davantage dans les volumes. Je l'ai utilisé dans le volume inférieur du SEAS (2) et derrière l'ATM (2 aussi).

Le câblage : pour l'essai, j'ai pris des trucs pas chers et disponibles au mêtre, sachant que je ne demandais pas aux câbles d'équilibrer le système puisque cela, je le fais en réglant le filtre. Soit
de l'Audioquest cinemaquest pour le SEAS en extrême grave, de l'Audioquest type 4 Quad hélix pour les PHL et du Cardas Crosslink 1S pour L'AMT. Le vecteur à grosse lettre bleue est utilisé entre l'ampli et les filtres, filtres de préférence hors des enceintes et proches de l'ampli. En fin de compte le Vecteur est utilisé entre le filtre et l'AMT. Dans les enceintes, pour protéger les câbles des vibrations sonores, il est bien de les envelopper dans des feuilles de plomb et par dessus placer des tubes d'isolation de plomberie.

Un bi-cablage est intéressant pour isoler l'AMT du reste avec simplement le condensateur de 22 microF sur la ligne. Dans le domaine du câble, tout est possible et à essayer.

Le rodage demande un bon mois avec deux heures d'écoute par jour, ou bien balancer du 30 hz à 60 watts pendant 24 heures (les enceintes face-à-face et en opposition de phase pour ne pas écrouler les murs).

FOURNITURES :
HPS :
ESS AMT (635 €) (400 $ chez ESS)
PHL 2440 (189 €) (une couche de résine epoxy ajouté sur la membrane, pas sur le dome, surtout pas sur la suspension)
PHL 2400 (183 €) (idem epoxy)
SEAS 22 RNX (78 €)

Filtres par enceinte  : révision des valeurs fin 2016
- selfs 3,8 mH zéro ohm Mundorf N300 (144,00€) pour les graves en parallèle
- selfs 0,68mH zéro ohm Mundorf N250 commande spéciale  pour le PHL 2440 (92€)
- condensateurs SCR SA pour un global de 22uF µF (140 €) ;
- condensateurs SCR MKP PB 18 microF  x 2
- condensateurs SCR MKP PB 50 microF  x 2
- résistances 10 ohms
- résistances 3,9 ohms

Panneaux de bois Médium 18mm pour deux enceintes en mm :
- cotés : 1140 x 440     par 4
- avant : 1140 x 264     par 2
- panneaux horizontaux haut, bas et couples intérieurs :  431 x 350  par 12  pour être retaillés en trapèze isocèle avec un avant à 222, seule la cloison interne du coffret du SEAS est ouverte par trois trous
- panneaux internes du coffret du 2440 :  270 x 206   par 2
- panneaux internes du coffret du 240 :  270 x 215   par 2
- panneaux de renforts latéraux des coffrets des PHL : 255 x 63     par 4   à retailler suivant le plan
- panneaux de l'évent type Jensen arrière pour le SEAS : 500 x 390  par 2
- tasseaux pour l'évent Jensen :  390 x 20 x 10    par 6
- tasseaux pour l'arrière latéral du coffret des PHL  :  206 x 20 x 30  par 2  et 215 x 20 x 30  par 2
- tasseaux en bois très dur pour fixation des HPs : 150 x 30 x 20  par 6
- champs plats pour angles avant : 1140 x 50 x 6   par 4
coût total du bois # 300 €

Divers : 
- tiges filetées inox diamètre 5mm : 340   par 12
- écrous inox de 5 autobloquants et rondelles par 24 (4,5 €)
- vis agglo 4 x 45 pour collages,  5€
- vis agglo 5 x 60 pour évent (24)  5€
- colle epoxy La résine utilisée est la Sicomin 
Résine époxy SR 8450 + Durcisseur standard SD 8453 + charges (Sicomin) (38,5 €)
- Sader Néoprène gel 
- barrettes de connexion pour les filtres par 4  (5,80 €)
- Gediacoustic mur CLIMAPOR (un rouleau de 5 m x 0,5) (40 €)
- joint de fenêtre caoutchouc, pour la liaison HPs enceinte découplée
- mousse d'amortissement 75% laine ref 1366 chez Audiophonic x 20 (136 €) (ou vieux pulls)
- tubes PVC diam 125 longueur 390 par 6
- mortier (30 €)
- sable
- mastic pour bonde GEB (pour étanchéifier les passages des tiges filetées dans les panneaux avant des enceintes)
- trapèzes de marbre pour socle et tête d'enceinte (1200€) (facultatif et remplaçable par béton-sable en prolongeant les panneaux avant-arrière et latéraux de l’enceinte)).


Résultats auditifs :
Sur un piano de concert (par exemple Helène Grimaud sur la Piano Sonata in B minore de Franck Liszt),  on n'est pas au 40éme rang, mais en poussant un peu le volume, on peut se croire vers le 5 à 10éme rang d'une salle de concert. La puissance de l'instrument est reproduite avec un bas du spectre sans défaillance ni opacité. Il est clair que les trois 21 cm travaillant ensemble et avec leurs évents boostés par le mur, se rapprochent plus d'un boomer de 38cm de haute volée que de deux ou trois 17 cm en parallèle.  Il y a l'énergie, la matière, la fermeté, mais sans rondeur suspecte ni trainage. Chaque note est analysée dans son attaque et ses résonances avec beaucoup de détails, de clarté mais sans "décharnement". On n'est pas tout-à-fait au niveau de "facilité" acoustique de mes pavillons de grave, mais quand même pas loin.

Les violons (Zehetmair, Sporcl), charnus sans boursouflure, leur timbre variable selon les instruments avec un équilibre très concert, où on perçoit le grain caractéristique de l'archet sur les cordes, sans stridences, sans métallisation, sans agressivité, sans "savonnage".

Les guitares, les violes de gambe, les banjos, les luths passent avec un bon équilibre entre le jeu harmonique des cordes et les résonances de caisse, le tout avec un fourmillement de détails inhabituels.

les saxos sont gras comme il faut, leur générosité du bas médium se subdivise en multiples sons différenciables, dont ceux qui traduisent le souffle d'air et les micro-résonances métalliques de l'instrument.

Les voix : la Bartoli, la Netrebko, le? Cencic, la Fitzgerald, Melody Gardot, Youn Sun Na, Shirley Horn, Brel, Brassens, Alagna, Marco Beasley, Timber Timbre, L, Camille, Berry, Stacey Kent, Patricia Ouvrard, Hayley Westenra, toutes mes voix préférées passent avec une fraicheur, une présence, une homogénéité de tessiture, un degré de nuances que je n'avais jamais obtenu auparavant. A aucun moment on a l'impression que les aigus vivent leurs vies indépendamment du reste du timbre. Les forti les plus incroyables passent sans la moindre difficulté, sans pincement des fréquences ni ombre de distorsion. Mais on est surpris de la variabilité des timbres des voix d'un chanteur à un autre, d'un enregistrement à un autre, d'un micro à un autre. Ces différences semblent plus marquées que d'habitude.

Les contre-basses : (Acoustic MOP de bernard Renaudin, Christian Mc Bride, Ambrose Akinmusire, Glen Moore, etc…) les vibrations des cordes sont faciles à localiser dans l'espace, les résonances de caisse sont également bien perçues, précises et sans embonpoint envahissant. On "voit" quasiment les doigts du musicien travailler les cordes. L'instrument reste bien en place : on n'a pas l'impression qu'il bouge en avant ou en arrière suivant la note jouée, ou qu'il est difficile à localiser, comme cela arrive lorsque la linéarité dans le grave n'est pas bonne, c'est-à-dire souvent un couplage enceintes-local défaillant. Il y a de l'ampleur mais pas de fréquences privilégiées dans le bas du spectre qui pourrait donner une rondeur répétitive. Spectaculaires lorsqu'elles jouent en solo, les contrebasses restent très faciles à suivre lorsqu'elles jouent en orchestre de jazz ou classique.

Les percussions : là, il y a pas à dire : ça percute !  Une dynamique de ouf, on sent que tous les haut-parleurs marchent bien ensemble, que les impulsions partent de façon homogène des trois boomers comme une vague bien régulière et que l'ATM gère les harmoniques sans déphasage. C'est d'une vitalité incroyable. Les niveaux atteignables sont très importants. L'oreille dit "pouce" avant que le système ne donne des signes de saturation. Toutes les matières des membranes, des peaux, des caisses en bois ou en métal sont très bien transmises. On ne risque pas de s'endormir et il n'y a pas de comparaison possible avec les tweeters à dôme ou à ruban au niveau dynamique et homogénéité. Sur les cymbales par exemple, on perçoit facilement que l'aigu, contrairement à la majorité des enceintes dont les tweeters ont des "bandes de fréquences préférentielles", n'a pas semble-t-il de limitations d'expressivité. Davantage de modes de résonances des cymbales sont perçus, notamment les fondamentales et les harmoniques basses qui ne sont pas masquées par les plus hautes. On entend mieux le métal de ces percussions. De 1000 à 20000Hz, l'AMT est vraiment au niveau des meilleures chambres de compression, grâce à la cohérence dans la reproduction des harmoniques du fait de l'absence de filtre sur toute cette zone.

Les applaudissements sont particulièrement véridiques, bon test de mise en phase.

La flute de pan, instrument difficile à bien reproduire car certaines harmoniques sont souvent trop forts car ils tombent sur des fréquences de résonance des HPs et masquent d'autres harmoniques, en général plus basses. Là, l'AMT nous sert une homogénéité de l'ensemble qui nous fait entendre toute la gamme avec une bonne impression de "bruit blanc" caractéristique, de flux d'air et des petites turbulences aux sorties des tubes.

Le dulcimer (Eric Michelet) avec ses transitoires très secs des marteaux sur les cordes, suivis d'un cortège d'harmoniques et des résonances de caisse en bois est également un instrument difficile à reproduire, et peu de systèmes arrivent à conjuguer la dynamique et la précision nécessaire pour simplement arriver à un niveau de ressemblance correct. C'est le cas ici.

L'orgue nous montre que la conception de l'enceinte dans une pièce "normale" aboutit à une lisibilité du grave et de l'extrême grave sans résonances ou sollicitations gênantes de la pièce d'écoute.

Le Mozart de Jordi Savall "Serenata Nocturna" donne un bel exemple de répartition spatiale des instruments, qu'ils soient à cordes ou à percussions, avec des retours de salle bien caractérisés.

Les instruments naturels de qualité ont de jolis timbres. Au concert, on apprécie les timbres d'un orgue, d'un violon, d'un saxo, etc… Parce que nos éléments de chaine Hifi ont des défauts plus ou moins flagrants, et notamment les enceintes, on part sur des combinaisons savantes pour compenser ou masquer des duretés, des distorsions, des non-linéarités, et retrouver une écoute agréable et musicale, en passant par des éléments qui vont apporter de la rondeur, de la douceur, par exemple avec des amplis à tubes, des cellules phonolectrices qui creusent le haut-médium comme les Koetsu, des étages de sortie de DAC astucieusement travaillées, parfois à tubes aussi,  des câbles typés, etc… Mais ce n'est pas en rajoutant des défauts à des défauts inverses que l'on retrouve une vérité sans perdre des bagages en route. Là, on a le poids des notes sans les maux du trainage.

Les bruits naturels qui permettent de détecter les colorations d'un système passent très bien. Par exemple le "clear stream" du disque Soundrama the pulse, test pas facile à passer pour obtenir un vrai bruit d'eau bien aqueux avec un effet de distance selon la perception du son des tourbillons d'eau qui donne l'image du trajet du petit torrent en sinusoïde. Le son des cloches dans la montagne traduit bien leur masse et toutes leurs résonances. Le bruit des canons au lointain est bien perceptible, donnant un bonne indication sur la capacité de reproduction de l'extrême-extrême grave. Les bruits de pluie, de pas, de talons aiguille, de Harley Davidson, d'oiseaux sont tous très réalistes.

Voilà, je suis content de ma création. Je ne pensais même pas au départ parvenir à ce niveau qualitatif, très proche de mes pavillons. Il faut dire que sur les neuf mois de "travail dessus", on est passé avec certains HPs et certaines charges, par des résultats plus que décevants, j'ai failli être découragé. C'est grâce à la qualité exceptionnelle des haut-parleurs PHL, que la mise a été sauvée. Le ESS AMT aussi est encore meilleur que je ne le pensais. Quant au boomer SEAS, il fait exactement ce que l'on peut souhaiter dans l'extrême grave. Maintenant, vous n'êtes pas obligés de me croire.  Les lecteurs qui ont de bonnes connaissances en acoustique reconnaîtront qu'il y a pas mal d'idées intéressantes assemblées de façon cohérente dans ces enceintes. Cette 24 ème paire d'enceintes que je construis en amateur renferme l'expérience de 40 ans d'essai, d'échecs, d'erreurs, et de bonnes choses que j'ai pu tenter dans ma passion.

J'ai fait écouter ces enceintes à quelques paires d'oreilles affutées et critiques de mon coin pour avoir leur avis, et neutraliser une possible tendance insidieuse à l'auto-satisfaction. Leurs impressions sur plusieurs heures d'écoute de musiques variées sont quand même très favorables, avec mention sur l'homogénéité, la dynamique et le niveau acoustique possible, et aussi l'image. Une des réflexions était que les yeux fermés, on ne localise pas les enceintes.
Mes précédentes colonnes, à base de 17cm médium ( PR17HR37TSM Audax) et grave (2 MHD17P37TSM Audax), et d'un aigu à pavillon ( PR 120/1 ) donnent des timbres jolis et une restitution agréable, mais cela va moins loin à tous points de vue, c'est moins immédiat en présence, moins tripal, moins épidermique que les nouvelles.

Les défauts : une directivité verticale assez marquée, comme toutes les enceintes à filtre à 6db/octave. Il faut les écouter à une hauteur assez précise, en fait à hauteur de l'AMT, et si le siège est trop haut ou trop bas, on peut les basculer ce qu'il faut. Les cônes sont évidemment souhaitables. Le niveau de résolution fait que la position latérale, le centrage de l'auditeur, est bien perceptible sur la spacialisation et la focalisation. De plus on a tendance à pousser le volume au delà du raisonnable pour jouir de la dynamique diabolique et bien qu'il n'y ait aucun signe d'agressivité dans la restitution, cela peut finir par porter sur les neurones. Par ailleurs, ce système met particulièrement bien en évidence les différences de technique d'enregistrement et sans vouloir dire que certains enregistrements sont mauvais, on est surpris d'entendre des caractérisations acoustiques ou de micro plus marquées que d'habitude. Et puis tous les goûts étant dans la nature, cette enceinte ne peut plaire à tout le monde. Elle est conçue pour une reproduction réaliste, pas pour ceux qui aiment les sons "à l'anglaise" (voluptueux et mou), "à l'allemande" (sec et raide), "à la japonaise" (strident et agressif), "à l'américaine" (ample et brillant) (je plaisante et caricature, il y a tous les goûts dans tous les pays). Néanmoins, les amateurs de "pchiit-pchiit" ou de "boum-boum" pourraient mettre un certain temps à reconnaître qu'il y a des bandes de fréquences un peu "oubliées" dans beaucoup de systèmes et que leurs présences participent pourtant largement à la crédibilité du message musical.

Je dirai pour résumer qu'elles sont le chainon manquant dans l'esprit de ce qu'a fait Devialet avec son ampli et la transmission wifi AIR : un objet technique qui a une énorme capacité à se faire oublier mais nous envoute par la musique si vivante qui en sort.
On peut aller encore plus loin, mais alors, je pense qu'il faut commencer par démolir la maison pour reconstruire une vraie salle d'écoute.


[Image: PRgl5O.jpg]

Les plans.   en bas à droite, la coupe horizontale des coffrets des PHL

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(12-08-2015, 01:24 AM)jalucine a écrit : [ -> ]Moins de 5% de l'énergie électrique envoyée aux enceintes acoustiques est envoyée sous forme d'ondes sonores directes : leur "production " utile. Tout le reste devient des vibrations parasites transmises aux parois de l'enceintes, au sol, aux meubles supports d'électroniques, et terminent en chaleur et en ondes sonores polluantes, en perturbant l'électronique au passage.
Cry Dingue ! Sick

Pour le reste , à lire et relire, trop d'infos pour moi ce matin mais j'ai peine à imaginer tout le boulot que ça représente. Bravo.
Chapeau bas, non seulement pour la conception, la réalisation et la qualité de restitution, mais aussi pour le partage.

Amitiés
Hello Mr Jalucine
Tres tenté mais peut etre un gros pour chez moi. Je vais dejà les ecouter ainsi que les 25 avec mon ami Nicoben pour me rendre compte.

Gillou

(12-08-2015, 10:33 AM)gigicalimero a écrit : [ -> ]Hello Mr Jalucine
Tres tenté mais peut etre un gros pour chez moi. Je vais dejà les ecouter ainsi que les 25 avec mon ami Nicoben pour me rendre compte.

Gillou

T'en penses quoi Thierry?
L'appui sur le mur arrière me semble adapté à ta disposition.
Ce que j'ai entendu était très bon.
Un essai préalable avec ton Lumin M1 me semble préférable.
Merci jalucine d'avoir représenté ici cette réalisation remarquable.
Tes explications sont un modèle du genre et pour avoir pu écouter le résultat, je peux témoigner qu'il est exceptionnel.
Ceux qui auront la patience et le talent pour la fabriquer ne le regretteront pas !
Le rapport qualité/prix est inédit et la capacité d'adaptation du filtre et autres réglages à son propre environnement en font une offre très haut de gamme unique.
Bravo pour le partage de toutes ces informations d'un vrai facteur d'enceintes! Shy

Sa passion, ses idées et son talent participent à l'alchimie d'une restitution de haut niveau digne de productions très haut de gamme.
Pour l'avoir écouté, l'ensemble du système ainsi constitué pour une écoute intégrée dans son environnement apporte un plaisir musical vrai sans fioriture.
Je serais curieux de faire d'autres essais avec différents maillons pour discerner d'autres nuances et bien sûr en considérant l'intégration dans d'autres lieux.

Je ne suis pas trop étonné de l'apport des rubans en regard des pavillons, même pour des besoins cinéma, les constructeurs passent de plus en plus avec des rubans...ce n'est certainement pas anodin! Idea
N'ayant pas l'intention de professionnaliser ma passion, je n'ai pas de frein pour partager là où elle m'a mené. Mais évidemment vos avis ont plus de valeur que les miens, en tout cas pour les lecteurs de ce forum. On aura ensemble le plaisir de partager à nouveau les prestations des 24 et des 25 les 9 et 10 janvier. Avec quelques évolutions, puisque le grave de la 25 se rapproche de celui de la 24 et le médium de la 24 se rapproche de l'équilibre de celui de la 25. Les comparaisons sont stimulantes pour trouver le chemin du "mieux". Il est certain que le petit tweeter de la 25, bien que très vaillant, n'atteindra jamais les capacités de l'ESS AMT de la 24. Le défi du rapport qualité-prix fait au final quelques différences.
Mais peux tu nous eclairer sur les AMT?
Quel modèle? Amt 1 ou v2? Car quand on cherche un peu sur le net c'est pas tres clair chez les vendeurs.
Gillou
AMT = Air Motion Transformer, inventé par le Dr Heil, HP à membrane plissé dont les plis se ferment ou s'ouvrent en fonction de la modulation, éjectant ou aspirant l'air pour donner le "son". Celui que j'utilise est l'AMT original, fait par la marque ESS. Je n'en connais qu'un en tant que haut-parleur. Vendu par la maison du haut-parleur par exemple. D'autres marques ont repris le brevet ou le principe, car je pense que le brevet est tombé dans le domaine public. Je préfère l'original. Tu viens le 9 janvier je crois. Tu verras donc et entendras la chose.